La discontinuité de l'accès à l'eau potable affecte des millions de personnes en République dominicaine, avec des conséquences particulièrement profondes sur les communautés rurales et les ménages dirigés par des femmes. Seulement 17 % des foyers reçoivent de l'eau six ou sept jours par semaine, tandis que 8 % n'y accèdent qu'une fois tous les sept jours, selon les données de l'Office national des statistiques (ONE), citées par le bureau local du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef).
L’accès irrégulier touche principalement les femmes, les filles et les garçons. Selon l'Unicef, dans les ménages disposant de moins de ressources, ce sont eux qui doivent investir du temps pour collecter et transporter l'eau, ce qui limite leurs possibilités d'éducation, leur bien-être et leur développement économique.
En République Dominicaine, la plupart des foyers ne disposent pas d’eau potable en continu et fréquemment. Dans les zones rurales, la livraison peut être limitée à une fois par semaine, ce qui nécessite de réorganiser la routine familiale et de consacrer du temps et des efforts à la recherche de la ressource.

Bien que le pays ait fait des progrès dans l’extension de la couverture, des lacunes persistent en matière de continuité, de qualité et de sécurité de l’approvisionnement. Cette situation affecte la vie quotidienne de millions de personnes et est aggravée par les conséquences du changement climatique, qui accroissent la pression sur les ressources en eau nationales.
Le représentant de l'Unicef en République Dominicaine, Carlos Carrera, a souligné : « Garantir un accès sûr et continu à l'eau potable n'est pas seulement un besoin fondamental, mais une condition essentielle pour la santé, l'éducation et l'égalité des chances des enfants ». Carrera a souligné que le manque d'eau régulière entrave particulièrement le développement des filles, qui sont confrontées à des obstacles supplémentaires pour leur pleine croissance.
La République dominicaine fait partie des pays les plus exposés à l’élévation du niveau de la mer et à la salinisation des aquifères, phénomènes qui mettent en danger les sources d’eau douce et affectent directement les communautés côtières.

L'Unicef a exhorté les autorités à renforcer les investissements et les politiques publiques pour garantir un accès équitable, sûr et durable à l'eau potable et à l'assainissement. Selon l'organisation, le manque d'accès affecte directement les opportunités de santé, d'éducation et de développement des femmes et des enfants.
Le bureau des Nations Unies travaille en collaboration avec le Cabinet de l'Eau pour analyser les effets du changement climatique sur le service, pour améliorer la planification institutionnelle à court, moyen et long terme et promouvoir des services plus durables pour la population.
L'Unicef a réaffirmé son engagement à accompagner le pays dans la construction de politiques de l'eau inclusives, durables et axées sur le genre, dans le but de transformer l'accès à l'eau en un outil d'équité et de bien-être pour l'ensemble de la société.