Le Panama reporte pour la deuxième fois l'utilisation de l'éthanol pendant que l'Assemblée débat de son caractère obligatoire

Le Secrétariat national à l'énergie a décidé de reporter l'entrée en vigueur du mélange obligatoire d'éthanol dans les carburants, une mesure qui avait été proposée dans le cadre de la stratégie de diversification énergétique du pays.

La résolution établit que le démarrage du programme est reporté pour permettre des ajustements techniques, logistiques et réglementaires, dans un contexte où des doutes persistent encore quant à la capacité opérationnelle à mettre en œuvre le changement de manière ordonnée.

La résolution publiée au Journal officiel confirme que l'introduction de l'éthanol au Panama a été reportée à deux reprises, puisqu'elle devait initialement entrer en vigueur le 1er avril 2024, puis elle a été reportée au 1er avril 2026 et maintenant elle est à nouveau suspendue sans date définie.

Le Secrétariat National de l'Énergie conditionne sa candidature au respect des exigences techniques, logistiques et de production nationale, ce qui montre que le pays ne dispose pas encore des conditions nécessaires pour exécuter le programme.

La nouvelle méthodologie pourrait réduire les revenus des producteurs d'éthanol de 14,5% et des producteurs de biodiesel de 23,9% - Crédit Colprensa

Ce nouveau report reflète un écart entre la planification énergétique et la capacité réelle du marché à soutenir le mix obligatoire.

Selon ce qui est établi dans la résolution, l'un des principaux facteurs de report est la nécessité de disposer d'infrastructures adéquates pour le stockage, le transport et le mélange de l'éthanol, ainsi que pour garantir les normes de qualité des carburants.

L'importance de mener à bien les processus de certification technique et de coordination entre les acteurs du secteur de l'énergie, notamment les raffineurs, les importateurs et les stations-service, est également évoquée.

Sans ces éléments consolidés, la mise en œuvre pourrait générer des distorsions sur le marché ou des problèmes opérationnels dans la distribution nationale.

Un autre aspect clé est que la production locale d’éthanol n’a pas encore commencé à supporter un mélange obligatoire à l’échelle nationale, ce qui l’obligerait à dépendre fortement des importations dans une phase initiale.

Cela introduit des variables de coût, de logistique internationale et de stabilité de l’approvisionnement que le gouvernement cherche à évaluer plus précisément avant d’aller de l’avant, en particulier dans un environnement de volatilité des marchés de l’énergie.

Le projet a déjà passé son premier débat et il est prévu qu'il soit discuté dans les prochains jours lors d'un deuxième débat à l'Assemblée nationale. Tiré de l'AN

La décision vise à éviter qu’une mise en œuvre précipitée n’aboutisse à une augmentation des coûts du carburant pour les consommateurs.

La résolution précise également que l'objectif d'incorporer de l'éthanol dans l'essence reste un élément de la politique énergétique, mais selon une approche progressive et techniquement soutenue.

L'éthanol est considéré comme un composant qui peut contribuer à réduire les émissions et à diversifier la matrice énergétique, en plus d'ouvrir des opportunités de développement agricole et industriel.

Deuxième débat

Ce report intervient à un moment clé, alors que l'Assemblée nationale avance dans la discussion d'un projet de loi qui vise à rendre obligatoire le mélange à 10 % d'éthanol dans les carburants au Panama, ce qui ajoute de la pression au débat technique et politique.

Malgré les critiques des députés indépendants, l'initiative a déjà passé le premier débat et devrait entrer dans le deuxième débat dans les prochains jours, où des ajustements ou des clarifications concernant sa mise en œuvre pourraient être introduits.

Lors du premier débat législatif, les députés et les acteurs du secteur ont souligné la nécessité d'évaluer l'impact économique, environnemental et logistique de la mesure, y compris son effet sur les prix et la compétitivité du pays.

Éthanol Indycar

Cependant, la principale critique du projet est son caractère obligatoire, qui, selon ses défenseurs, est nécessaire pour garantir le cadre juridique qui soutient les investissements que les entreprises devraient réaliser pour établir une production locale.

Le secteur sucrier estime que l'investissement initial pour lancer la production nationale d'éthanol serait d'environ 500 millions de dollars.

Sur ce montant, environ 250 millions seraient alloués à l'acquisition de nouveaux terrains pour la culture de la canne à sucre, et plus de 120 millions à la construction de distilleries, une infrastructure qui n'existe actuellement pas dans le pays. À cela s’ajoutent les investissements dans les machines, la logistique et l’embauche de personnel.

Le secteur sucrier panaméen estime que le lancement d'une production nationale d'éthanol nécessiterait un investissement initial de près de 500 millions de dollars. REUTERS/Nacho Doce

L'Association du sucre et de l'alcool du Panama a expliqué que le Panama aurait besoin d'environ 22 000 hectares supplémentaires de canne à sucre pour couvrir les 10 % d'éthanol requis par la loi, une superficie similaire à celle actuellement consacrée à la production de sucre.