La saisie de 194 paquets de drogues suspectes à l'intérieur d'un conteneur en provenance de Jamaïque et à destination de l'Irlande marque un nouveau coup porté par les autorités panaméennes contre les réseaux internationaux de trafic de drogue qui utilisent les ports du pays comme points de transit.
L'opération a été réalisée par la Direction Nationale Antidrogue et l'Unité Tactique Antidrogue de la Police Nationale, en coordination avec le Ministère Public, après avoir localisé la cargaison illicite dans un port de l'Atlantique, renforçant ainsi les alertes sur l'utilisation de routes maritimes commerciales pour le transfert de substances illégales.
Ce type de crise n'est pas isolé. Jusqu'à présent, en 2026, les forces de sécurité ont signalé la saisie de 3 307 colis contenant des substances illicites dans différents ports panaméens, dans le cadre d'opérations dirigées contre des structures criminelles transnationales.
Les enquêtes ont montré que le Panama continue d'être un point stratégique pour le transfert international de drogues, en particulier dans les conteneurs qui partent des pays des Caraïbes ou d'Amérique du Sud à destination de l'Europe, où la valeur des marchandises illicites se multiplie.
Ces derniers mois, les autorités ont détecté plusieurs cas dans lesquels des organisations criminelles utilisent la méthode de contamination par conteneurs, introduisant des drogues dans des chargements légaux à l'insu des entreprises exportatrices.

Ce schéma se répète sur les routes qui relient des destinations telles que la Belgique, les Pays-Bas et l'Espagne, en plus de l'Irlande, consolidant les ports atlantiques panaméens comme point d'intérêt pour les mafias internationales. La coordination entre le renseignement policier, les contrôles portuaires et la coopération internationale a permis d'intercepter les expéditions avant qu'elles ne quittent le pays.
Parallèlement à la lutte contre le trafic international, les autorités ont intensifié leurs actions contre le microtrafic, entendu comme la vente, la distribution et la commercialisation de drogues en petites quantités au sein des communautés locales.
Ce phénomène, bien que de moindre ampleur que le trafic international de drogue, a un impact direct sur la sécurité des citoyens, car il est lié à des crimes tels que les vols, les homicides et la violence communautaire.
Un exemple récent est l'opération Panama Este Seguro, menée dans des secteurs comme Pacora et d'autres villes, où 21 personnes liées au microtrafic ont été appréhendées.
Parmi eux, 14 ont été condamnés à des peines comprises entre 80 et 90 mois de prison, tandis que 6 sont toujours en détention provisoire et une personne a été arrêtée parce qu'elle purgeait une peine de 120 mois. Ces résultats reflètent une stratégie axée sur le démantèlement des points de vente et des réseaux de distribution locaux.

Les chiffres d'exploitation renforcent cette tendance. Seulement au cours des 15 derniers jours du mois d'avril, l'arrestation de 54 personnes pour microtrafic a été signalée, dans le cadre de l'Opération d'Intervention de Contrôle Territorial Focalisé, qui est menée dans des zones préalablement identifiées pour leur incidence criminelle.
Cette stratégie vise à concentrer les ressources policières dans les zones critiques, augmentant ainsi la présence et la capacité de réponse contre les activités illicites.
Au cours du mois de mars, la Police Nationale a mené 252 opérations contre le microtrafic, saisissant de l'argent liquide pour un total de 136.142,16 dollars, en plus de substances illicites et d'autres preuves liées à ces activités.
Ces opérations s’inscrivent dans une démarche soutenue combinant actions de renseignement, rafles et achats contrôlés, dans le but d’affaiblir les structures qui opèrent au niveau communautaire.
Au cours de la phase la plus récente de l'opération d'intervention ciblée de contrôle territorial, les autorités ont signalé l'arrestation de 84 personnes dans les premières heures de déploiement, y compris des captures par les services judiciaires, des flagrants délits, des infractions administratives et des délits de micro-trafic.

De même, huit perquisitions ont été menées, quatre armes à feu, 21 munitions ont été saisies et un véhicule déclaré volé a été récupéré, démontrant le lien entre le microtrafic et d'autres activités criminelles.
Dans le domaine judiciaire, des affaires récentes reflètent l'application de mécanismes tels que les accords de détermination de la peine au sein du système pénal accusatoire. Le juge de garantie Erick González a validé la sentence n° 756 du 29 avril 2026, par laquelle deux hommes, âgés de 27 et 33 ans, ont été condamnés à 80 mois de prison pour délit de commercialisation de substances illicites.
En outre, des sanctions accessoires, notamment des amendes et des confiscations monétaires, ont été imposées dans le cadre des sanctions établies.
Lors de cette même audience, un troisième prévenu, âgé de 24 ans, a été inculpé de simple possession de drogue, mais a bénéficié d'une suspension de procédure soumise à certaines conditions, notamment le maintien d'une adresse fixe, l'abstention de consommer des substances, le suivi d'un traitement et le maintien d'un emploi pendant un an.
Ce type de mesure cherche à différencier les profils criminels, en appliquant des sanctions plus sévères à ceux qui participent à la commercialisation et des alternatives dans les cas moins graves.
Les autorités ont réitéré que la combinaison des opérations internationales, des interventions communautaires et des décisions judiciaires est essentielle pour faire face au problème de la drogue au Panama. Si les saisies dans les ports reflètent l’ampleur du trafic mondial de drogue, les actions contre le microtrafic démontrent l’impact local de ces réseaux, consolidant une approche globale allant de l’interdiction aux sanctions pénales.