Le gouvernement bolivien insiste sur le dialogue avec les secteurs mobilisés après près de 20 jours de blocus qui ont aggravé la crise politique, économique et sociale du pays. L'Exécutif a convoqué dimanche les dirigeants paysans et les organisations sociales à une prochaine réunion du Conseil économique et social, dans le but de trouver un consensus qui permettra de surmonter les protestations nationales.
Le ministre du Développement productif, rural et hydraulique, Oscar Mario Justiniano, a confirmé l'appel formel à la Fédération syndicale unique des travailleurs paysans Tupac Katari pour une réunion clé ce dimanche. Par ailleurs, la séance constitutive du Conseil économique et social a été fixée au mercredi 27 mai à la Casa Grande del Pueblo.
Justiniano a souligné que le dialogue est permanent et fait partie de l'engagement démocratique assumé par l'Exécutif, selon ce que rapporte ce dimanche le journal. Le devoir. Le ministre a détaillé la tenue de plusieurs réunions au cours des dernières semaines, ainsi que l'envoi d'invitations formelles aux organisations sociales pour renouveler la démarche officielle. Il a également souligné que les revendications paysannes sont « légitimes » et a averti que les blocus ont généré de graves conséquences sur la production agricole, provoquant la perte de plusieurs mois de travail en quelques jours.
D'autre part, une réunion de plus de cinq heures a eu lieu récemment entre le gouvernement et la Confédération des femmes interculturelles, au cours de laquelle un programme de travail a été convenu. Le Conseil économique et social, prévu par la Constitution, apparaît comme une instance chargée de traiter du développement économique et de la stabilité sociale.
Les mobilisations se poursuivent dans plusieurs régions de Bolivie, avec des blocages organisés par des agriculteurs aymaras, des syndicats et des partisans d'Evo Morales. Ces secteurs exigent à la fois des réponses aux revendications économiques et sociales et la démission du président Rodrigo Paz Pereira.
Le Comité de Santa Cruz, présidé par Stello Cochamanidis, a réitéré son ultimatum pour ce dimanche, exigeant le déblocage de San Julián et exprimant son scepticisme quant à la stratégie du gouvernement. De ce secteur, on affirme que l'intention principale est de forcer le départ du président et non de négocier des accords.
Les dirigeants civiques ont également demandé l'intervention de la police et des forces armées, dénonçant l'existence de groupes « criminels » et soulignant les attaques contre les journalistes et l'utilisation d'armes lors des affrontements. Ces incidents augmentent le risque de nouvelles victimes et entretiennent la tension dans le pays.
L'extension des blocus a atteint des endroits comme Cochabamba, Santa Cruz, Potosí et Chuquisaca, générant des inquiétudes et des perturbations dans la vie quotidienne de la population.
Ce samedi, le gouvernement a déployé une opération combinée de forces militaires et policières pour dégager une artère vitale de la zone andine. L'avancée du convoi a une nouvelle fois généré des affrontements avec les manifestants, qui ont répondu par des charges de dynamite et des jets de pierres.
L'objectif de l'opération dite humanitaire aux drapeaux blancs était de rétablir le flux de nourriture et de fournitures médicales vers La Paz et El Alto, villes gravement touchées par les blocus. Le ministre des Travaux publics, Mauricio Zamora, a dirigé une caravane composée de plus de 150 véhicules, parmi lesquels des camions, des autobus et des engins lourds, pour éliminer les obstacles sur le parcours.
Au cours de l’opération, les manifestants ont endommagé plusieurs véhicules et, lors d’un incident à El Alto, ont détenu un policier en civil, présenté comme « otage » dans une vidéo puis secouru par des agents des renseignements. Les émeutes comprenaient l'incendie d'un bus et le pillage d'installations publiques, ce qui a contribué à accroître les tensions sociales dans la région.
Les autorités ont confirmé qu'après chaque avancée de l'opération, les barrages étaient réinstallés. Malgré les tentatives de dialogue sur les points de conflit, la situation n'a pas été résolue.
Dans le domaine politique, l’appel au dialogue divise les opinions à l’Assemblée législative. La députée Ximena Arispe considère qu'il est essentiel de recourir aux tables de dialogue pour canaliser les revendications et discuter d'éventuelles réformes au sein du gouvernement.
D'autre part, la députée Eliana Condori a défendu le droit de manifester et a souligné que la crise politique et économique s'est aggravée à cause des blocus. D'autres parlementaires, comme Claudia Bilbao, insistent sur la distinction entre les revendications sociales légitimes et les actes considérés comme criminels, soulignant la nécessité d'une réponse policière conforme à la loi.
Les blocus ont généré des pertes économiques considérables, des pénuries de fournitures et des dommages tangibles au bien-être de la population, qui attend une solution au conflit.
Pour de nombreux secteurs productifs du pays, les journées de protestation ont mis en péril le travail et les acquis obtenus ces derniers mois, reflétant l'urgence d'un consensus qui permettra de reconstruire la normalité pour des millions de Boliviens.