Au cours de la période 2023-2024, la région d’Amérique centrale a signalé des niveaux de couverture vaccinale inférieurs aux objectifs régionaux, ce qui accentue le risque de réapparition de maladies évitables telles que la rougeole et la polio.
Selon les données validées par l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et les ministères de la Santé des pays concernés et publiées cette semaine, le Costa Rica et le Panama maintiennent les indicateurs de vaccination les plus élevés, tandis que le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua font face aux défis les plus marqués.
Les chiffres régionaux montrent que la couverture des vaccins essentiels pour les enfants, notamment le BCG, le pentavalent, la polio, le ROR (rougeole, rubéole, oreillons), le rotavirus et le pneumocoque, fluctue en dessous des 95 % recommandés dans plusieurs pays.
Cette situation affecte particulièrement les populations difficiles à atteindre et les groupes vulnérables, selon les informations partagées par l'OPS. Le rapport indique que, malgré les efforts déployés, El Salvador et Belize présentent encore des écarts en matière de zones rurales et de communautés autochtones.
La pandémie de COVID-19 a impacté la continuité des programmes de vaccination et entraîné des retards importants.

Selon le rapport régional, les campagnes de relance ont donné la priorité aux stratégies mobiles, aux alliances intersectorielles et aux ateliers massifs pour remédier aux retards.
Dans des endroits comme la Mosquitia hondurienne ou les Verapaces guatémaltèques, l’arrivée de produits biologiques dépend d’interventions différenciées et d’un soutien logistique supplémentaire.
Le risque d’épidémies de maladies évitables reste latent. La surveillance épidémiologique a été renforcée dans toute l'Amérique centrale, compte tenu notamment de la menace d'importation de cas de rougeole et de la détection mondiale des poliovirus circulants.

La surveillance de la paralysie flasque aiguë et le renouvellement des schémas vaccinaux, comme le recommande l'Organisation mondiale de la santé (OMS), font partie des actions prioritaires.
Dans le domaine de la morbidité, les déclarations de maladies évitables par la vaccination telles que la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la rubéole, les oreillons, l'hépatite B, l'Haemophilus influenzae de type B (HIB), le pneumocoque et le rotavirus sont restées faibles au cours de la période analysée.
La persistance des lacunes en matière de vaccination remet en question la durabilité des acquis obtenus. En outre, des maladies telles que la dengue et d’autres arbovirus continuent d’être surveillées, même si elles ne sont pas incluses dans tous les calendriers de vaccination réguliers.
Les systèmes de surveillance, bien que robustes au niveau régional, sont confrontés à des limites de couverture dans les communautés éloignées et dans les contextes de forte mobilité de la population, comme l'a documenté l'OPS.

Les autorités du Guatemala, du Honduras et du Nicaragua reconnaissent que le double défi consiste à atteindre les groupes en retard et à maintenir la confiance du public dans les vaccins.
Les défis structurels comprennent la nécessité d’un financement national durable, d’une logistique de la chaîne du froid et d’une formation suffisante du personnel de santé.
Le rapport insiste sur l’importance de maintenir une surveillance permanente, de mettre à jour les calendriers de vaccination et de disposer de mécanismes de réponse agiles contre d’éventuelles épidémies.
La validation des données provient des ministères nationaux de la santé et des réseaux épidémiologiques, en coordination avec l'OPS et l'OMS. La région est confrontée au défi d’accélérer le rétablissement de la couverture vaccinale et de garantir qu’aucun territoire ne soit exclu de la protection immunologique.