Ministres des Affaires étrangères et ministres de la Sécurité du PimentL'Argentine, le Pérou, l'Équateur et la Bolivie ont signé jeudi l'Engagement de Santiago, un accord de coopération régionale en matière de sécurité, de renseignement et de contrôle des frontières contre la criminalité transnationale organisée.
Le président chilien José Antonio Kast a ouvert l'événement et a averti que le crime organisé « tue nos jeunes, soumet nos quartiers, achète des testaments ». Il a souligné que la région traverse un moment favorable pour affronter ensemble le problème et que la neutralité contre les mafias organisées n'est pas une option.
Le ministre chilien des Affaires étrangères, Francisco Pérez Mackenna, hôte de la réunion, a affirmé que les efforts nationaux sont « insuffisants » face à une menace de nature transfrontalière. « Cela commence à changer », a-t-il déclaré.
Le document établit des mesures dans cinq domaines prioritaires : l'échange d'informations entre les services de renseignement, la police et les parquets ; coordination aux frontières; traçabilité des flux financiers illicites ; coopération entre les organisations techniques nationales; et le renforcement des mécanismes de réponse régionaux. Les cinq pays formeront un groupe de travail conjoint et examineront les progrès réalisés dans 180 jours.
Le ministre argentin des Affaires étrangères Pablo Quirno, présent aux côtés de la ministre de la Sécurité Alejandra Monteoliva, a souligné que le texte « ordonne les priorités, établit les lignes de travail et offre une base solide » pour que la coopération devienne un outil efficace. Le ministre bolivien des Affaires étrangères, Fernando Aramayo, a reconnu que l'accord n'est pas une déclaration d'intentions mais un effort qui doit également impliquer la société civile.
Les trois pays restants ont apporté à Santiago des diagnostics concrets sur l'avancée de la criminalité sur leur territoire. La ministre des Affaires étrangères de l'Équateur, Gabriela Sommerfeld, a souligné la nécessité de renforcer les capacités du gouvernement par des actions conjointes, dans un contexte de violence soutenue par les organisations de trafic de drogue.

Le ministre des Affaires étrangères du Pérou, Carlos Pareja, a qualifié d'« alarmante et croissante » la situation des crimes tels que les tueurs à gages, l'extorsion et les enlèvements, et a appelé à une plus grande coordination contre « ces mafias qui traversent les frontières ». La Bolivie, pour sa part, traverse une forte instabilité interne en raison de protestations massives exigeant la démission du président Rodrigo Paz, ce qui donne un poids particulier à la présence d'Aramayo à l'événement.
À l'exception du Pérou, plongé dans un processus électoral, tous les pays participants sont gouvernés par des dirigeants de droite ou d'extrême droite qui font partie de l'initiative Bouclier des Amériques, lancée en mars par le président des États-Unis, Donald Trump, pour lutter contre la criminalité internationale et contrecarrer l'influence de la Chine dans l'hémisphère occidental.
Kast a cité « la reprise du contrôle des prisons en Argentine » comme exemple de politiques régionales allant dans cette direction. La réunion a également été inaugurée par le procureur général chilien, Ángel Valencia, même si sa conférence s'est déroulée à huis clos.