26 ONG du Venezuela ont demandé à l’Espagne d’extrader « rapidement » l’ancien colonel Verdú Torrelles vers l’Argentine

Un groupe de 26 organisations de la société civile du Venezuela a demandé à l'Espagne d'extrader « rapidement » vers l'Argentine l'ancien colonel vénézuélien Ephraín Enrique Verdú Torrelles, membre de la Garde nationale bolivarienne (GNB), requis par la justice de Buenos Aires dans une affaire de crimes contre l'humanité au Venezuela.

Dans une déclaration, les organisations ont exhorté les autorités espagnoles à « traiter cette extradition avec la fermeté, la détermination et la rapidité qu’exige leur propre héritage historique ».

Les groupes ont soutenu qu’accorder l’extradition « n’est pas une option politique, mais plutôt un impératif de justice universelle qui démontrera au monde que le passage du temps et les distances géographiques sont incapables de diluer les crimes contre l’humanité ».

Dans le texte, ils déclarent : « Lorsque les tribunaux locaux deviennent des boucliers pour les auteurs de crimes au lieu de protecteurs pour les citoyens, la justice internationale apparaît comme la dernière ressource pour la survie élémentaire. »

Ils ont exprimé leur « soutien massif » à la demande d’extradition qui, ont-ils indiqué, constitue « une rupture structurelle dans le récit de l’oubli et une étape sans précédent pour la justice transnationale ».

Inquiet Mature

Selon l'organisation InterJust, la justice argentine a émis l'ordre d'extradition en février après avoir obtenu des informations sur la présence de Verdú Torrelles en Espagne. Par la suite, le ministère des Affaires étrangères a formalisé la demande auprès des autorités espagnoles. En mars, le Conseil des ministres espagnol a autorisé la poursuite du processus.

Depuis 2023, le ministère argentin de la Justice poursuit le régime du dictateur déchu Nicolás Maduro pour crimes contre l'humanité au Venezuela, sur la base d'une plainte déposée en janvier par le Forum argentin pour la défense de la démocratie (FADD).

En juin 2023, la Clooney Foundation for Justice (CFJ) a déposé une plainte axée sur deux victimes d'homicide, dont Geraldin Moreno Orozco, un étudiant et joueur de football en salle de 23 ans, assassiné par des agents du GNB le 19 février 2014 dans l'État de Carabobo lors d'une manifestation.

Parmi les personnes citées dans cette affaire se trouve Verdú Torrelles, qui était commandant du détachement de sécurité urbaine de Carabobo et qui a dirigé l'opération lors des manifestations au cours desquelles s'est produit l'assassinat de la jeune femme.

Les organisations ont souligné que « la résolution effective de cette extradition ouvre un espace d’espoir réel non seulement » pour la mère, Rosa Orozco, mais aussi pour les proches de « toutes les victimes de la violence politique et de la répression systématique au Venezuela ».

Selon ces groupes, plus de 330 personnes ont perdu la vie dans le cadre de manifestations pacifiques depuis 2014.

De son côté, Amnesty International a demandé aux autorités espagnoles et argentines de collaborer pour garantir que justice soit rendue aux victimes vénézuéliennes de crimes contre l'humanité.