L’ONU a qualifié de « progrès clé » la demande d’extradition argentine d’un ancien colonel vénézuélien accusé de crimes contre l’humanité

Une mission de l’ONU chargée d’enquêter sur les crimes contre l’humanité commis au Venezuela lors de la répression des manifestations de 2014 contre le régime de Nicolas Maduro a qualifié d’« avancée judiciaire clé » la demande d’extradition déposée par l’Argentine contre un ancien commandant militaire vénézuélien. Il s’agit d’une procédure sans précédent, soutenue par le principe de compétence universelle.

La justice argentine a demandé à l'Espagne d'extrader l'ancien colonel Ephraín Enrique Verdú Torrelles, membre de la Garde nationale bolivarienne (GNB), comme l'a rapporté le 1er juin l'organisation InterJust.

Cet ancien militaire fait partie d'un groupe de 14 commandants de la Garde nationale bolivarienne dénoncé en Argentine en 2023 par l'ONG InterJust. Ils sont accusés de la mort de manifestants dus à la brutalité policière lors de la répression des manifestations civiles en 2014 contre Nicolás Maduro, capturé le 3 janvier par les États-Unis sous des accusations de trafic de drogue et d'autres crimes.

Répression des forces chavistes à Caracas (Reuters/File)

La Mission internationale indépendante d'enquête sur le Venezuela a déclaré dans un communiqué qu'il s'agissait d'une « avancée judiciaire internationale clé : le traitement de la première demande d'extradition issue d'une enquête sur les crimes contre l'humanité commis au Venezuela lors des manifestations de 2014 ».

La Mission a souligné qu'à travers plusieurs rapports « elle a exposé en détail les événements de violence et de répression survenus au Venezuela depuis 2014 », résultat d'enquêtes visant à « assurer la pleine responsabilité des auteurs et la justice pour les victimes, dans le strict respect de son mandat ».

Le recours excessif à la force par les forces de sécurité vénézuéliennes comprenait l’utilisation de balles réelles contre des manifestants non armés, ce qui « a entraîné un nombre élevé de morts », ainsi que la collaboration d’organismes d’État, en particulier du GNB, avec des civils armés connus sous le nom de « collectifs » liés au gouvernement, pour attaquer et intimider les manifestants.

Inquiet Mature

« Des centaines d'étudiants et de citoyens de l'opposition ont été arbitrairement détenus lors des manifestations et ont été soumis à des tortures et à des mauvais traitements en détention ou lors de leur transfert vers des centres de détention, dans de nombreux cas de violences sexuelles », a ajouté la Mission dans son communiqué.

Ces actions témoignent de l'existence d'un régime de répression institutionnalisé et structuré depuis les plus hauts niveaux du pouvoir public, dans le but de faire taire la dissidence et de maintenir le contrôle politique, a conclu la Mission.