La présentation devant le Congrès a révélé que l'initiative du ministère de l'Intérieur maintient une couverture limitée et vise à combler le retard dans la réintégration avec des formations aux métiers et des accréditations formelles.

Les autorités du système pénitentiaire guatémaltèque ont signalé au Congrès que Manos Productivas, le programme de travail promu par le ministère de l'Intérieur, fonctionne pour l'instant avec seulement 30 détenus en formation à l'intérieur de la prison de Pavón, une échelle qui révèle le retard historique dans la réhabilitation des prisons et que le gouvernement cherche à inverser avec des formations professionnelles et des certifications officielles.

La présentation a eu lieu lors d'une convocation dirigée par le député José Chic, du banc du VOS, pour examiner la portée réelle de l'initiative annoncée le 5 août par le ministre Marco Antonio Villeda.

Au cours de cette séance, Chic a souligné une autre faiblesse structurelle du système : le manque de classification et de profilage des détenus, auquel il a ajouté des problèmes dans l'enregistrement des jours réels de détention qui, dans plusieurs centres, ne sont pas conservés avec précision.

Ce vide administratif a une conséquence directe : certains détenus ne peuvent pas demander une révision de leur peine. Le législateur a annoncé qu'il encouragerait un groupe de travail avec la Défense Pénale Publique et le mécanisme de prévention de la torture pour aborder ce point ainsi que d'autres défaillances du système.

Groupe d'ouvriers en uniformes et casques orange, l'un verse du ciment sur du sable au sol. Il y a une pelle, une bétonnière et des sacs de ciment

La directrice adjointe de la Réinsertion Sociale, Eunice Girón, a expliqué aux députés que les participants ont été incorporés volontairement et sélectionnés après un processus de profilage individuel.

Le directeur du centre, le gestionnaire du travail et une équipe multidisciplinaire interviennent dans l'évaluation, et chaque détenu signe un formulaire de consentement et possède son propre dossier.

La phase actuelle est axée sur la fabrication de pavés, avec une formation préalable en prévention des accidents. Les autorités ont précisé que les travaux seront effectués uniquement à l'intérieur de la prison et que les détenus ne sortiront pas pour installer le matériel.

Le responsable a décrit le point de départ du système avec une phrase qui résume le diagnostic officiel : « Les programmes de travail sont nuls. Certains détenus inscrivent des tâches telles que faire la vaisselle, nettoyer ou balayer dans le cahier de travail ».

Cette déclaration a été présentée comme une raison pour normaliser et formaliser les activités de travail en prison. L'objectif immédiat est que le travail cesse de se limiter aux tâches élémentaires enregistrées dans les registres internes et s'organise en apprentissage.

Homme de derrière avec un t-shirt orange, des cheveux foncés et une barbe. Mains sur une structure métallique bleue. Fond avec des drapeaux blancs et des boucliers flous

Productive Hands ne se limitera pas à la production de pavés. Le système réalise un recensement des activités professionnelles dans tous ses centres pour identifier les compétences déjà présentes parmi la population carcérale, notamment la menuiserie, la peinture, la sculpture, la boulangerie et la maquila.

Les autorités ont également indiqué que le programme serait étendu au centre appelé Canada. En même temps, ils envisagent de réactiver une maquila dans le Centre d'orientation des femmes, qui reste inutilisée.

La demande d'adhésion est déjà apparue dans le secteur féminin. Trois détenus du COF lavent des vêtements pour chiens en coordination avec des refuges pour animaux, une activité que les autorités ont présentée comme un premier pas vers des tâches visibles avec un effet concret en dehors de la logique purement interne de la prison.

L’un des éléments centraux du plan est la certification professionnelle. Le SP avance un accord avec le ministère de l'Éducation afin que les compétences acquises pendant la peine puissent être appuyées par un diplôme officiel.

Le directeur adjoint de la Réinsertion sociale a lié cet objectif aux obstacles rencontrés par ceux qui retrouvent la liberté : « Nous savons qu'ils sortent avec un casier judiciaire et n'ont aucun moyen de postuler pour une entreprise. Ce type de travail leur donnerait la possibilité de créer leur propre entreprise ».

Le programme oblige également le personnel pénitentiaire à se réorganiser. Le système a commencé à travailler sur la formation de ses directeurs ouvriers, dont la formation, jusqu'à présent, se limitait à celle de gardiens.

L’idée est que ceux qui possèdent déjà des connaissances spécifiques, comme la peinture ou la sculpture, puissent donner des cours au sein des prisons. Les autorités ont indiqué qu'avant de rechercher des accords avec des entreprises privées pour installer des ateliers dans les centres, elles doivent d'abord compléter le recensement des compétences et renforcer les responsables du secteur du travail.