L'Observatoire vénézuélien des conflits sociaux (OVCS) a enregistré 509 manifestations dans tout le pays au cours du mois de juillet, ce qui représente 246 % de plus que celles enregistrées au cours du même mois de 2025. En juin, cette organisation a recensé 483 manifestations.
« Le conflit social a été marqué principalement par des revendications liées au droit au logement et aux services de base. Les voisins de différentes régions ont réclamé l'accès à l'électricité, à l'eau potable et au carburant, dans un contexte aggravé par les dégâts causés par les tremblements de terre du 24 juin 2026 », souligne le dernier rapport publié par cette ONG.
Selon ce bilan, 317 manifestations ont répondu à la revendication des droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux (DESCA), soit 62% du total. La revendication des droits civils et politiques a activé les 192 autres.
« Les familles des prisonniers politiques, les victimes et les organisations sociales ont continué à exiger la liberté, une procédure régulière, des garanties judiciaires et la cessation des actes arbitraires. Dans le même temps, différents secteurs ont exigé de plus grandes garanties de participation politique et ont dénoncé les abus d'autorité », indique l'analyse.

À travers des veillées, des marches et des rassemblements, les proches des plus de 300 hommes politiques toujours derrière les barreaux descendent dans la rue depuis des mois pour réclamer la liberté de leurs proches. Ce groupe tente de faire pression sur la présidente par intérim Delcy Rodríguez pour qu'elle tienne sa promesse de libérer toutes les personnes détenues pour des raisons politiques.
Le Comité pour la Liberté des Prisonniers Politiques (Clippve) a convoqué ce mercredi 9 septembre un rassemblement devant le siège du Ministère Public, pour demander des réponses à leurs plaintes pour torture, mauvais traitements et disparitions. « Enquêter, ce n'est pas ouvrir un dossier. C'est agir, informer et produire des résultats », soulignent les personnes concernées.
L'OVCS souligne que le doublet sismique du 24 juin, qui a fait plus de 6 000 morts, est devenu un catalyseur de l'effervescence populaire.
« Les communautés touchées par les tremblements de terre ont exigé l'attention du gouvernement, la recherche et le sauvetage des personnes disparues, la distribution rapide d'eau et de nourriture, la transparence dans la livraison de l'aide humanitaire et du matériel pour la reconstruction des maisons », décrivent-elles en caractérisant les manifestations survenues en juillet.

Ils soulignent qu'aux plaintes concernant les pannes des services d'électricité et d'eau potable, s'ajoute le fait que « les habitants de différentes régions ont protesté contre la pénurie et les irrégularités dans l'approvisionnement en essence, indispensable à la mobilité, aux transports publics et à la distribution alimentaire ».
« Les 509 manifestations documentées montrent une plus grande volonté des citoyens de récupérer l'espace public, d'exprimer leurs revendications et d'exercer pacifiquement leurs droits. Cette augmentation devient particulièrement pertinente après une période marquée par la peur, la criminalisation de la protestation et les restrictions de l'espace civique », conclut l'Observatoire.