Le Parlement européen demande l’ouverture d’enquêtes sur les crimes contre l’humanité au Nicaragua

Le Parlement européen a voté jeudi à main levée résolution dans laquelle elle exhorte ses États membres à ouvrir des enquêtes formelles « sur les crimes contre l’humanité commis par les autorités nicaraguayennes ».

La mesure est basée sur des preuves compilées par le Groupe d’experts des Nations Unies sur les droits de l’homme.

La résolution condamne fermement « les violations systématiques et délibérées des droits de l’homme contre la population nicaraguayenne pour des raisons politiques », y compris les récentes actions perpétrées par Daniel Ortega telles que la déchéance de nationalité des opposants et l’emprisonnement de l’évêque Rolando Álvarez.

Le Parlement européen « demande la preuve que Monseigneur Rolando Álvarez est vivant ; réitère son appel à sa libération immédiate et inconditionnelle ainsi qu’à celle de tous les prisonniers politiques, militants de l’opposition, défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement, membres de l’Église catholique et journalistes détenus arbitrairement, ainsi qu’à l’annulation des poursuites suivies et des jugements rendus contre lui. »

La résolution demande à l’Union européenne et à ses membres d’inclure des garanties de respect des droits de l’homme en ce qui concerne les décaissements des organisations multilatérales, telles que CABEI, mises en cause pour avoir accordé des prêts au gouvernement Ortega.

Il condamne également le soutien du Nicaragua à la guerre de la Russie contre l’Ukraine et exprime son inquiétude « à ce que l’aide militaire russe continue à réprimer la population nicaraguayenne ».

La députée européenne Soraya Rodríguez a demandé qu’en raison des actions contre les opposants au Nicaragua, davantage de sanctions et de moyens de poursuivre les responsables soient imposés. « Cela fera deux ans que nous avons imposé les dernières sanctions contre le régime d’Ortega y Murillo et les choses n’ont fait qu’empirer de façon dramatique », a déclaré Rodríguez.

Le Nicaragua traverse une crise politique depuis 2018, lorsque des manifestations ont éclaté contre le gouvernement du président Daniel Ortega, qui ont été réprimées, faisant plus de 300 morts et des milliers d’exilés.

Ortega a qualifié ces manifestations de tentative de coup d’État parrainée par les États-Unis et l’Église catholique nicaraguayenne.

La communauté internationale a imposé des sanctions contre l’administration Ortega, qui l’accuse de violer les droits de l’homme, y compris l’Union européenne.