Le gouvernement du président salvadorien Nayib Bukele a demandé mardi au Congrès une nouvelle prolongation du régime d’urgence qui a maintenu les droits constitutionnels suspendus pendant plus d’années avec une politique musclée contre les gangs, qu’il accuse de la plupart des crimes commis en le pays d’Amérique centrale.
Il s’agit de la seizième prolongation demandée par le gouvernement de ce régime, qui est appliquée au milieu des inquiétudes et des plaintes des organisations de défense des droits de l’homme.
« Avec le régime d’exception, les Salvadoriens vivent en paix. Nous leur avons donné l’espoir et la liberté de se déplacer en toute sécurité vers différents endroits. Nous y sommes parvenus après avoir perdu des générations à cause de la lâcheté des gouvernements précédents », a réitéré le ministre de la Sécurité, Gustavo Villatoro, à propos des arguments utilisés par le gouvernement pour restreindre des droits tels que la représentation d’avocats pour les détenus ou celle d’association.
Villatoro a officialisé la demande devant le Congrès, qui doit se prononcer sur l’approbation ou le rejet des mesures. Jusqu’à présent, l’Assemblée législative à majorité officielle n’a pas démenti le renouvellement du régime d’urgence, qui dure déjà depuis 472 jours.
Chaque mois, il faut demander la prolongation. La précédente prolongation approuvée le 14 juin expire le samedi 15 juillet. Si la nouvelle prolongation commençait le 16 juillet, elle serait en vigueur jusqu’au 14 août.
Le gouvernement Bukele a également présenté au Congrès une initiative de réforme de la loi spéciale contre le crime organisé pour augmenter des deux tiers la peine maximale de 45 ans de prison contre les dirigeants de ces structures criminelles connues sous le nom de maras ou gangs.
Il a également demandé d’approuver des dispositions transitoires pour poursuivre les personnes capturées pendant le régime d’exception « par des structures ». Les gangs sont constitués de groupes ou de cliques et le gouvernement cherche à les poursuivre conjointement.
Selon la Constitution, le régime d’urgence doit être approuvé pour 30 jours et peut être prolongé, « si les circonstances qui l’ont motivé persistent ».