À la CIJ, le Honduras a rejeté l'intervention du Guatemala dans le différend avec le Belize concernant Cayos Zapotillos

Ce mardi, le Honduras s'est opposé devant la Cour internationale de Justice (CIJ) à la demande d'intervention du Guatemala dans le différend qui oppose Tegucigalpa et Belize sur la souveraineté des Cayos Zapotillos, un petit groupe d'îlots inhabités des Caraïbes. La demande guatémaltèque a été présentée en 2023 sous l’argument selon lequel toute décision liée à ces clés a un impact sur le différend territorial plus large qu’elle entretient avec le Belize depuis des décennies.

La controverse entre le Honduras et le Belize a atteint la CIJ en 2022, lorsque le Belize – une ancienne colonie britannique – a déposé une plainte auprès du tribunal pour déterminer la souveraineté des Zapotillos. Les procédures ont avancé avec la phase orale qui a débuté cette semaine à La Haye, où les trois pays ont présenté leurs positions.

Le siège de la Cour

Le Belize, pour sa part, soutenait la participation du Guatemala, estimant que cela pourrait apporter de la clarté au processus. Ce pays d'Amérique centrale entretient depuis son indépendance un différend frontalier avec le Guatemala, porté devant la Cour par les deux pays en 2019 après un référendum contraignant.

Le différend actuel entre le Guatemala et le Belize couvre quelque 11 030 km² revendiqués par le Guatemala, ainsi que des centaines d’îles et d’îlots dans les Caraïbes. Près de la moitié de ces formations insulaires sont sous souveraineté bélizienne. Il s’agit d’un différend qui trouve ses racines dans les accords coloniaux et les concessions signés entre l’Espagne et le Royaume-Uni au XVIIIe siècle.

Le contexte historique est pertinent pour comprendre les intérêts qui se chevauchent. En 1783, l'Espagne, alors administrateur de ce qui est aujourd'hui le Guatemala, a accordé à l'Empire britannique des droits d'exploitation forestière sur certaines parties de l'actuel Belize, sans céder sa souveraineté. Au fil des siècles, ces concessions se sont transformées en revendications territoriales contradictoires qui persistent encore aujourd'hui entre le Guatemala et le Belize.

Dans ce contexte, le Guatemala soutient que la définition de la souveraineté sur Cayos Zapotillos pourrait avoir une incidence sur sa propre affaire en cours. Le Honduras considère que le mécanisme procédural approprié pour le Guatemala est déjà en place dans le dossier bilatéral contre le Belize et que son intervention dans le différend hondurien ne répond pas aux critères établis par la CIJ pour les États tiers.

Les audiences sur l'affaire Cayos Zapotillos se poursuivent jusqu'à ce mercredi, date à laquelle les États impliqués procéderont à une deuxième intervention. La CIJ doit déterminer dans les semaines à venir si le Guatemala peut ou non se joindre formellement à la procédure. La décision marquera les contours procéduraux de deux conflits parallèles qui, bien qu’indépendants, partagent une histoire territoriale qui continue de façonner la géopolitique centraméricaine.