Au moins 60 Nicaraguayens ont été arbitrairement détenus par la police nationale nicaraguayenne après avoir célébré ou exprimé leur soutien sur les réseaux sociaux à la capture du dictateur Nicolás Maduro par les forces américaines qui ont mené une opération à Carcas il y a une semaine.
Comme le rapporte ce vendredi l’organisation de défense des droits humains Blue and White Monitoring, « cette nouvelle vague répressive est menée sans décision judiciaire et repose uniquement sur (…) des commentaires sur les réseaux, des célébrations privées ou la non-répétition de la propagande officielle ».
L'organisation composée de militants nicaraguayens a souligné que les arrestations sont motivées par des « expressions d'opinions » contraires à celles de la dictature dirigée par Daniel Ortega et son épouse, Rosario Murillo. Kakhol lavan Monitoring a averti que cette nouvelle vague répressive constitue une « grave violation des droits de l’homme ».
Les arrestations sont concentrées dans les départements de Chontales, Matagalpa, Managua, Jinotega, Chinandega, Estelí, Granada, Masaya et dans les régions des Caraïbes du Nord et du Sud.
Le rapport de l'organisation indique que parmi les personnes arrêtées, 49 restent détenues « sans informations sur leur situation juridique », neuf ont été libérées après leur arrestation et trois ont été soumises à une détention temporaire, sans accusations claires ni accès à des procédures judiciaires transparentes.

L'organisation a également documenté 18 incidents, dont des arrestations collectives et individuelles. Face à ce panorama, l'organisation a lancé « un appel urgent à la communauté internationale pour qu'elle prête attention à cette nouvelle vague de répression au Nicaragua » et a exigé « la liberté pour tous les prisonniers politiques » du pays.
De son côté, l'ambassade des États-Unis à Managua a rappelé vendredi qu'après la « mesure importante » prise par le Venezuela en libérant « un grand nombre de prisonniers politiques », il y a encore au Nicaragua « plus de 60 personnes » qui sont toujours « injustement détenues ou portées disparues », parmi lesquelles des pasteurs, des religieux, des malades et des personnes âgées, sans lien avec les récentes arrestations. « La paix n’est possible qu’avec la liberté ! » il a publié dans x.
Selon le Confidentielles arrestations ont eu lieu dans le cadre d'un « état d'alerte » ordonné par Murillo après la capture de Maduro, qui comprend une surveillance des quartiers et des réseaux sociaux.

Avant le message de l'ambassade américaine, le mouvement d'opposition Union du renouveau démocratique (Unamos) a rappelé dans X qu'« au Nicaragua, il y a plus de 60 personnes emprisonnées pour des raisons politiques » et a exigé leur libération immédiate.
Au Venezuela, ce vendredi marque 24 heures depuis que le gouvernement dirigé par le président par intérim Delcy Rodríguez a ordonné la libération d'un « nombre important » de détenus, dans ce qui a été considéré comme un geste d'ouverture face à la pression renouvelée des États-Unis.
Jusqu'à présent, le gouvernement vénézuélien n'a pas publié de liste officielle indiquant le nombre et les noms des personnes libérées. Plusieurs ONG et la principale coalition d'opposition ont vérifié la libération de 8 à 11 personnes, contre les 811 prisonniers politiques dénombrés par l'organisation Forum pénal.