Consuelo Porras Argueta, procureure générale du Guatemala, quitte ses fonctions après huit ans à la tête du ministère public, sur fond d'accusations de corruption, d'allégations de persécution politique et de sanctions internationales. Son départ, prévu pour le 17 mai, marque la fin d'une période caractérisée par une confrontation constante avec le président Bernardo Arévalo de León et une gestion qui, selon diverses sources, a profondément marqué le système judiciaire guatémaltèque. Porras a été exclu de la liste définitive des candidats qui aspirent à diriger le parquet pour la période 2026-2030, malgré ses tentatives pour obtenir un troisième mandat.

Ces dernières années, les tensions entre Porras et l'actuel président se sont aggravées, avec des actions judiciaires promues par le parquet pour invalider l'arrivée au pouvoir d'Arévalo. Ces actions ont été interprétées comme une tentative de déstabilisation institutionnelle. Selon les propos du président, cités par l'agence : « Il sera difficile de trouver un profil moins adapté que Consuelo Porras pour le poste ».
L'héritage de Porras comprend des procédures judiciaires contre des journalistes, d'anciens procureurs, des juges et des dirigeants indigènes. Plus de 50 personnes ont dû quitter le Guatemala et chercher refuge à l'étranger, tandis que d'autres, comme José Rubén Zamora Marroquín et l'ancien procureur Stuardo Campo, restent détenus sans jugement définitif. L'organisation internationale de défense des droits humains Human Rights Watch et les médias guatémaltèques L'heure Ils ont dénoncé le fait que l'administration Porras ait laissé l'impunité aux anciens présidents et persécuté des personnalités considérées comme inconfortables pour le pouvoir.

Le 17 mai, Consuelo Porras quittera le parquet après avoir été exclue de la liste définitive des candidats pour la période 2026-2030, une issue qui semblait improbable en 2022, lorsqu'une décision de justice la maintenait dans la course à sa réélection. Désormais, la responsabilité de définir l'avenir de la justice revient à Bernardo Arévalo de León, qui doit choisir la personne qui assumera la direction du ministère public dans un contexte de haute surveillance et d'attente.
Le passage de Porras au bureau du procureur laisse des processus judiciaires remis en question, des exilés forcés et un climat de polarisation politique. Les organisations nationales et internationales de défense des droits humains insistent sur le fait que, malgré son départ, les risques pour l'État de droit et les nombreuses poursuites engagées contre des acteurs de la société civile et la presse persistent.