Ils dénoncent le fait que les autorités de la prison El Rodeo I refusent d'informer les proches des prisonniers politiques du chavisme

L'Observatoire pénitentiaire vénézuélien (OVP) a dénoncé lundi que les autorités du centre pénitentiaire El Rodeo I, situé près de Caracas, maintiennent un secret total sur le sort des prisonniers politiques qui y sont détenus, refusant d'informer leurs proches et mettant en garde contre des risques de disparition forcée et d'intimidation, selon l'organisation.

Selon l'OVP, les autorités pénitentiaires refusent officiellement la garde de certaines personnes, même si de nombreuses familles confirment l'enfermement de leurs proches à El Rodeo I.

L'organisation a qualifié cette procédure de politique de « refus de garde », soulignant qu'il ne s'agit pas d'un « manquement concret ou d'une erreur administrative », mais plutôt d'une situation qui « aggrave l'impuissance » des détenus.

Cette situation met en évidence l’extrême vulnérabilité de ceux qui restent privés de liberté pour des raisons politiques au Venezuela.

Prison d'El Rodeo I

La combinaison d'une incommunication prolongée, de menaces et d'une absence totale d'information des membres de la famille augmente le danger pour les détenus, a averti l'OVP, avec des conséquences potentielles telles que des disparitions forcées et un risque accru de torture ou d'exécutions extrajudiciaires.

En ce sens, l'organisation a indiqué qu'elle gère des recours devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme, qui a émis en 2008 des mesures provisoires en faveur des personnes privées de liberté dans les centres El Rodeo I et II, « en raison de la situation extrêmement grave et du risque de dommages irréparables » à la vie des détenus.

L’OVP a également inclus des témoignages de membres de familles et de prisonniers politiques, selon lesquels des gardiens de prison auraient menacé des détenus de la possibilité de les utiliser comme « boucliers humains » en cas d’intervention militaire étrangère, notamment en cas d’action éventuelle des États-Unis. Ces plaintes illustrent un contexte de contrôle et de peur au sein de la prison, renforçant le sentiment d'insécurité des détenus et de leurs familles.

La plainte de l'Observatoire vénézuélien

À ces restrictions s’ajoutent la suspension des visites et des livraisons de nourriture et de médicaments. La semaine précédant la plainte, l'OVP a signalé que cinq prisonniers politiques étaient toujours soumis à un régime de sanctions qui les empêchait de recevoir toute aide extérieure pendant près de 50 jours, ce qui les empêchait d'accéder aux produits de base et aux soins médicaux via le service habituel de livraison de colis familiaux.

Dans le domaine des droits de l'homme, l'organisation Justicia, Encuentro y Perdón (JEP) a signalé jeudi dernier que 91 personnes privées de liberté pour des raisons politiques souffrent de « maladies graves », attribuant cette détérioration physique progressive à une « forme de violence structurelle » au sein du système pénitentiaire vénézuélien.

Dans ce même contexte, l'ONG Forum Pénal dénombre, au 15 décembre, 902 personnes privées de liberté pour raisons politiques au Venezuela, dont 86 ont une double nationalité ou une nationalité étrangère, selon son dernier bulletin.