L'entreprise publique Unión Eléctrica (UNE) prévoit ce mercredi des coupures de courant simultanées tout au long de la journée à Cuba qui affecteront 54% du pays pendant la période de plus forte consommation du soir.
La crise énergétique traverse une des périodes les plus difficiles depuis l’année dernière où elle s’est aggravée. Les taux de déficit dépassent les 50 % depuis plusieurs jours consécutifs et les réductions dépassent souvent les 20 heures par jour dans tout le pays.
Cela est dû, entre autres facteurs, au fait que les centrales thermoélectriques, l'épine dorsale de la production énergétique nationale, sont pour la plupart obsolètes, après des décennies de fonctionnement et un déficit chronique d'investissement et de maintenance.
De leur côté, de nombreux moteurs de production électrique sont hors service en raison du manque de devises du pays pour importer du carburant, du lubrifiant ou des pièces détachées.
Le régime cubain souligne que les principales causes des coupures de courant sont les pannes des centrales thermiques – avec des décennies d'exploitation accumulées – et le manque de combustible et de devises pour l'importer.
L'UNE, rattachée au ministère de l'Énergie et des Mines, estime pour l'heure de « pointe » de l'après-midi et du soir de cette journée une capacité maximale de production de 1.560 mégawatts (MW) pour une demande de 3.240 MW.

Cela représente un déficit (la différence entre l’offre et la demande) de 1 680 MW et un impact estimé (ce qui est effectivement déconnecté pour éviter des coupures de courant désordonnées) de 1 750 MW. Il est courant que les valeurs réelles dépassent les prévisions officielles.
Actuellement, neuf des 16 unités de production thermoélectrique disponibles (56%) sont hors service pour cause de pannes ou de maintenance.
En outre, 47 centrales de production décentralisée (moteurs) sont hors service faute de carburant (diesel et fioul) et une vingtaine d'autres ne sont pas opérationnelles faute de lubrifiant.
Des experts indépendants soulignent que la crise énergétique répond au sous-financement chronique de ce secteur, entièrement aux mains de l'État cubain depuis le triomphe de la révolution de 1959.
De son côté, le régime cubain souligne l’impact des sanctions américaines sur cette industrie et l’accuse d’« asphyxie énergétique ».
Divers calculs indépendants s'accordent sur le fait que le gouvernement cubain aurait besoin de 8 à 10 milliards de dollars pour relancer le système électrique, une somme dont La Havane ne dispose pas.
Les coupures de courant représentent un lourd fardeau pour l'économie nationale, qui s'est contractée de 1,1% en 2024 et s'ajoute à une baisse cumulée de 11% au cours des cinq dernières années, selon les données officielles. La CEPALC s'attend également à ce que son produit intérieur brut (PIB) soit négatif cette année.
Les coupes alimentent également le mécontentement social à Cuba et sont liées aux principales manifestations enregistrées dans le pays ces dernières années, comme celles massives de juillet 2021 et les plus petites enregistrées ces derniers jours à La Havane et Gibara.