L'Allemagne a recommandé à ses citoyens de ne pas se rendre au Venezuela en raison des risques de sécurité

Le ministère allemand des Affaires étrangères a émis lundi une recommandation urgente déconseillant tout voyage au Venezuela et mettant particulièrement l'accent sur les risques liés aux zones frontalières avec le Brésil et la Colombie. L'institution a souligné que la situation au Venezuela est « tendue » et a souligné que la sécurité peut se détériorer soudainement, ce qui pourrait entraîner des barrages routiers, des contrôles policiers accrus et des difficultés d'accès à Internet et aux services mobiles.

Selon l'avertissement officiel, les personnes venant d'Allemagne et du reste de l'Europe pourraient être soumises à des contrôles exhaustifs à leur entrée au Venezuela et pourraient même être soumises à un interrogatoire ou à une arrestation sous de graves accusations, comme celle de soutien au terrorisme. À cela s’ajoute le fait qu’à ce jour, l’assistance consulaire aux citoyens dans cette situation n’a pas été possible. Le ministère allemand a souligné le risque élevé que représente le crime organisé, notamment dans les régions frontalières avec la Colombie et, dans une moindre mesure, avec le Brésil.

Les États-Unis entretiennent un historique

L'alerte de l'Allemagne intervient quelques jours après la décision du ministère sud-coréen des Affaires étrangères, qui a interdit vendredi dernier à ses citoyens de se rendre dans quatre provinces vénézuéliennes : Zulia, Táchira, Apure et Sucre. Cette restriction – qui exclut uniquement les capitales provinciales et l'est de Zulia – répond, selon le communiqué sud-coréen, à de « sérieuses inquiétudes quant à la sécurité de nos citoyens qui s'y rendent ou y séjournent ». La Corée du Sud a porté l'avertissement au niveau maximum (niveau 4) depuis la nuit du 21 novembre et ceux qui ignorent la restriction s'exposent à des amendes de plus de 1 500 dollars et à des peines pouvant aller jusqu'à un an de prison.

Le Venezuela est confronté à de graves difficultés de connectivité internationale, suite à l'alerte de la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis concernant les menaces dans l'espace aérien vénézuélien et dans le sud de la mer des Caraïbes, déclenchant une vague d'annulations de vols.

Six compagnies aériennes ont suspendu leurs vols.

Au moins six compagnies aériennes ont suspendu leurs opérations dans le pays : Turkish Airlines a annulé depuis dimanche ses vols réguliers entre Istanbul et Caracas du 24 au 28 novembre, permettant aux passagers de déménager ou de modifier la date du voyage sans pénalité. De même, Latam Airlines Colombia a suspendu ses opérations les 23 et 24 novembre sur la liaison Bogotá-Caracas-Bogotá, donnant la priorité à la sécurité de ses passagers et de son équipage.

Ces suspensions ont été rejointes par Iberia, TAP Air Portugal, Gol, Avianca et Caribbean Airlines, toutes avec des services concernés depuis l'Amérique du Sud, l'Europe et les Caraïbes. La FAA a noté des incidents récents tels que des interférences avec les systèmes de navigation par satellite (GNSS) et la mobilisation des troupes, avertissant que les risques peuvent s'étendre jusqu'à 250 milles marins en dehors de l'espace aérien vénézuélien.

Dans ce contexte, les agences de voyages et les utilisateurs recherchent des alternatives face à une crise aérienne régionale qui, si les conditions perdurent, pourrait se prolonger et aggraver l'incertitude quant à la normalisation des vols à destination et en provenance du Venezuela.