Le Panama cherche à relever les défis du changement climatique en validant, par décision unanime, le Protocole national pour les réinstallations planifiées.
Cet outil juridique, développé sous la coordination du ministère de l'Environnement et avec le soutien d'entités publiques, de la société civile et de partenaires internationaux, cherche à répondre à la nécessité de relocaliser les communautés exposées aux risques environnementaux, mais seulement comme dernière option, en donnant la priorité à la réduction des dangers et à l'adaptation dans le lieu d'origine.
Le protocole, approuvé lors de la IVe réunion ordinaire de 2026 du Comité national sur le changement climatique du Panama, définit des critères et des procédures clairs pour identifier, évaluer et exécuter les relocalisations de manière ordonnée. Il comprend six phases qui vont de la détection des risques à la clôture du processus, en passant également par la stabilisation et le suivi des communautés déplacées.
À travers neuf principes directeurs, l'instrument garantit la protection des droits de l'homme, la non-discrimination, la participation effective et l'accessibilité universelle.
En outre, il établit des garanties pour les peuples autochtones, qui doivent donner leur consentement libre, préalable et éclairé avant tout transfert.

La transparence, la gestion globale des risques et la durabilité environnementale font également partie de l'approche adoptée.
Le protocole encourage la collaboration entre les institutions nationales et les acteurs locaux, à travers une Table Nationale de Coordination et des tables dans les territoires, dans le respect des pouvoirs de chaque autorité.
La directrice nationale du Changement Climatique, Ana Aguilar, a souligné que la validation « n'est pas le point d'arrivée », mais plutôt le début d'une étape visant l'adoption juridique et la mise en œuvre de l'instrument, qui nécessitera un effort conjoint de toutes les institutions impliquées.
Pour répondre à la question centrale des progrès, la validation du Protocole National pour les Relocalisations Planifiées au Panama marque le début d'une phase axée sur sa mise en œuvre juridique et opérationnelle, dans le but d'en faire un outil efficace et coordonné pour protéger les communautés vulnérables face au changement climatique.
La version finale du protocole intègre les contributions recueillies lors d'un processus de consultation publique réalisé entre avril et mai 2026.

Ce processus comprenait trois sessions virtuelles et treize sessions en face-à-face dans dix provinces et deux régions, avec la participation de 515 personnes, dont 56 % de femmes et 18 % identifiées comme appartenant à la population autochtone.
Le document validé vise à renforcer à la fois les capacités institutionnelles, les mécanismes de coordination et les outils de suivi.
Ce faisant, l’État aspire à anticiper les risques, à prendre des décisions éclairées et à accompagner les processus de relocalisation de manière à protéger les communautés et à éviter de nouvelles situations de vulnérabilité.
Au cours de la même réunion, l'Autorité du Canal de Panama a présenté au Comité les progrès réalisés en matière de surveillance climatique et hydrologique du pays, ainsi que les mesures adoptées contre le phénomène El Niño, démontrant que la gestion globale du changement climatique est une priorité de l'agenda national.
Le Panama est confronté aux impacts croissants du changement climatique qui génèrent déjà des pertes, des dégâts et des déplacements, en particulier dans les communautés rurales, côtières et autochtones.

Entre 2012 et 2024, le pays a enregistré plus de 15 000 déplacements internes associés à des événements hydrométéorologiques, ce qui démontre la nécessité de disposer d'outils de politique publique permettant d'agir de manière anticipée, coordonnée et fondée sur des preuves.
Dans ce contexte, le Protocole propose une réponse structurée qui donne la priorité aux solutions sur le territoire d'origine, telles que les mesures d'adaptation et de réduction des risques, et établit la relocalisation comme une option exceptionnelle, applicable uniquement lorsqu'il n'est pas possible de garantir des conditions de sécurité et de vie décente.
Le document a été élaboré grâce à un processus technique et participatif qui a inclus l'examen des cadres réglementaires, des consultations sectorielles, un travail de terrain et l'analyse des récentes expériences de réinstallation dans le pays, comme dans la région de Guna Yala et dans les provinces de Chiriquí et Bocas del Toro.