Le ministère de l'Éducation du Panama a annoncé que le pays reviendrait au test PISA en 2029, marquant un changement dans la stratégie éducative nationale et une modification directe de la position adoptée en 2024, lorsque l'actuelle ministre de l'Éducation, Lucy Molinar, a décidé de retirer le pays de l'évaluation correspondant à 2025.
La nouvelle décision vise à aligner la participation sur un processus de transformation structurelle du système éducatif.
Selon le communiqué officiel, le retour à l'évaluation internationale répond à une stratégie planifiée et non immédiate, avec l'objectif que les résultats reflètent des avancées concrètes dans la refonte des programmes scolaires, la formation des enseignants et l'intégration technologique dans les salles de classe.
Le ministère propose que d'ici 2029, le pays soit dans une phase intermédiaire de mise en œuvre des réformes, ce qui permettrait de mesurer plus précisément l'impact des changements.
Cette annonce représente un revirement par rapport à la décision prise après l'arrivée au gouvernement du président José Raúl Mulino, lorsqu'en 2024 il avait été décidé de ne pas participer au test PISA 2025.

À l’époque, les autorités affirmaient que le système éducatif n’était pas préparé à apporter de réelles améliorations et que la participation immédiate ne fournirait pas d’informations utiles à la prise de décision.
La décision de se retirer a suscité des critiques de la part de différents secteurs éducatifs et universitaires, qui ont remis en question la perte d'un instrument de mesure international clé.
Cependant, la nouvelle annonce cherche à repositionner la participation du Panama sous un angle différent : non pas comme un exercice immédiat, mais comme une évaluation stratégique après les réformes.
La dernière participation du Panama au Programme international d'évaluation des étudiants de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a eu lieu en 2022, et les résultats ont été publiés en décembre 2023.
Dans cette édition, 5 308 élèves de 15 ans ont été évalués, plaçant le pays au 74e rang sur 81 nations participantes, ce qui montre des écarts importants dans des domaines clés tels que la lecture, les mathématiques et les sciences.

Les résultats ont montré que le Panama se situait en dessous de la moyenne régionale et mondiale, avec des performances limitées en compréhension écrite et en résolution de problèmes mathématiques.
Cette situation a renforcé le diagnostic selon lequel le système éducatif est confronté à des défis structurels en matière de qualité, d'équité et de formation des enseignants, facteurs qui affectent directement les résultats de ce type d'évaluations.
En Amérique latine, des pays comme le Chili, l’Uruguay et le Costa Rica ont réalisé de meilleures performances relatives, tandis que d’autres économies de la région sont également confrontées à des défis similaires.
À l’échelle mondiale, les systèmes éducatifs d’Asie et d’Europe continuent d’être en tête, creusant l’écart en termes de compétitivité éducative et de développement des compétences.
Le ministère de l'Éducation soutient que le retour en 2029 permettra au Panama de participer dans un contexte où les changements mis en œuvre sont mesurables, durables et alignés sur les normes internationales, évitant ainsi une participation qui ne reflète que les faiblesses actuelles du système.
L'approche vise à garantir que les résultats puissent servir de véritable outil d'évaluation de l'impact des politiques éducatives.
En outre, le communiqué souligne que le pays promeut des programmes visant à renforcer les compétences pédagogiques, ainsi que des initiatives visant à intégrer des outils technologiques dans le processus d'enseignement-apprentissage.
Ces actions visent à combler les lacunes et à préparer les étudiants aux défis actuels du marché du travail et de l'économie de la connaissance.
Cette annonce intervient également dans un contexte où le test PISA continue d'être l'une des principales références internationales pour mesurer la qualité de l'éducation, évaluant non seulement les connaissances, mais aussi la capacité des élèves à appliquer ce qu'ils ont appris dans des situations réelles. Sa pertinence réside dans le fait qu'elle permet de comparer les performances entre les pays et d'orienter les politiques publiques.
Le défi sera désormais que les réformes annoncées aboutissent à des résultats concrets avant 2029, afin que le retour aux examens représente non seulement un retour, mais aussi une réelle amélioration des performances éducatives du pays.

Le président José Raúl Mulino a annoncé cette semaine que les réformes éducatives visant à moderniser la loi organique sur l'éducation de 1946 ne seraient pas mises en œuvre dans la précipitation, mais à travers un processus basé sur un large dialogue et un consensus national.
Le président a souligné que tout changement structurel du système doit être construit avec la participation des enseignants, des étudiants, des syndicats et des différents secteurs de la société, dans le but de garantir une transformation durable et légitime du modèle éducatif panaméen.