Au moins huit pays – les États-Unis, Israël, l'Ukraine, le Chili, le Costa Rica, le Honduras, le Paraguay et le Pérou – ont exprimé leur soutien au Panama à la lumière des récentes inspections et détentions de navires battant pavillon panaméen dans les ports de la République populaire de Chine, dans un contexte qui a suscité des inquiétudes quant à la stabilité du commerce maritime international et au respect de la liberté de navigation.
Les déclarations coïncident en soulignant que ces actions génèrent des risques pour les chaînes d'approvisionnement mondiales, affectent la confiance dans le système commercial international et peuvent se traduire par des coûts logistiques plus élevés pour les entreprises et les consommateurs.
En outre, ils soulignent l'importance de respecter la souveraineté du Panama en tant qu'État du pavillon et son rôle dans le commerce maritime mondial.
Le secrétaire d'État des États-Unis, Marco Rubio, a averti que les mesures appliquées contre les navires panaméens suscitent des inquiétudes quant à l'utilisation d'instruments économiques susceptibles d'affecter l'État de droit et la stabilité du commerce.
Comme indiqué, les détentions, les retards et les obstacles opérationnels ont un impact direct sur l’efficacité des routes commerciales et sur la confiance mondiale dans le système logistique.
Dans le même esprit, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a soutenu que l'application des réglementations maritimes doit rester à un niveau technique, objectif et libre de toute pression politique, tandis que l'Ukraine a réitéré son soutien au Panama dans la défense de sa souveraineté et de sa capacité à prendre des décisions dans le cadre du droit international.
Les gouvernements du Chili, du Costa Rica, du Honduras, du Paraguay et du Pérou ont également exprimé leur soutien, soulignant la nécessité de préserver un système de transport maritime sûr et efficace, fondé sur les règles internationales.
En particulier, l'importance de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) et des normes de l'Organisation maritime internationale (OMI) en tant que piliers de l'ordre maritime mondial a été évoquée.
Les inspections et les détentions de navires panaméens sont enregistrées des semaines après la reprise des terminaux portuaires de Balboa et Cristóbal, auparavant exploités par Panama Ports Company, filiale de la société hongkongaise CK Hutchison.
Ces terminaux ont commencé à être exploités par APM Terminals, du groupe Maersk, dans le Pacifique, et par TiL, de Mediterranean Shipping Company (MSC), dans l'Atlantique, ce qui a reconfiguré la carte portuaire du pays.
Dans ce contexte, les autorités chinoises avaient précédemment mis en garde contre de possibles conséquences économiques si le Panama poursuivait le processus de transition dans les ports. Bien qu'il n'existe aucune déclaration officielle reliant directement les inspections en cours à cette décision, la coïncidence temporelle a été observée par différents acteurs des secteurs maritime et diplomatique.
Depuis Pékin, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, a rejeté les accusations portées par les États-Unis, les qualifiant d'infondées et soulignant qu'elles déforment la réalité.
Le porte-parole a soutenu que les commentaires américains reflétaient leurs propres intérêts et a affirmé que la Chine défendrait ses droits et intérêts légitimes, tout en réitérant sa position sur les questions liées au Panama.
Le registre maritime panaméen, considéré comme le plus grand au monde, a clôturé l'année 2025 avec plus de 8 000 navires immatriculés, ce qui représente une part importante de la flotte marchande mondiale.
Ce positionnement fait du Panama un acteur clé du système logistique international, où toute modification du transit de ses navires peut avoir des effets amplifiés.
Ces derniers mois, les opérateurs du secteur ont signalé des cas de retards prolongés dans les ports chinois pour les navires battant pavillon panaméen, notamment des inspections supplémentaires et des délais d'attente plus longs que d'habitude.

Ces situations, bien que non généralisées, ont suscité des inquiétudes dans l'industrie en raison de leur impact possible sur l'efficacité opérationnelle et la planification des routes commerciales.
Le gouvernement panaméen a soutenu que le respect de son immatriculation maritime et de son statut d'État du pavillon est un élément essentiel au fonctionnement du commerce international. En ce sens, le soutien international a renforcé sa position au milieu d’un scénario où convergent les facteurs logistiques, commerciaux et géopolitiques.
L'évolution de cette situation reste sous la surveillance des autorités, des compagnies maritimes et des organisations internationales, à l'heure où la stabilité des chaînes d'approvisionnement continue d'être un facteur critique pour l'économie mondiale.
Parallèlement, le transit des navires panaméens dans les ports internationaux continue d’être considéré comme un indicateur clé du comportement du commerce maritime dans un environnement de plus en plus tendu.