Le tournant migratoire cubain après la fermeture des frontières au Nicaragua : la montée en puissance du Costa Rica et du Salvador comme destinations

La fermeture des frontières au Nicaragua aux migrants cubains sans visa, entrée en vigueur le 8 février 2026, a provoqué une diminution immédiate des flux migratoires de cette nationalité en Amérique centrale, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et les autorités centraméricaines.

Le Honduras et le Guatemala ont enregistré une baisse du volume de leurs revenus, tandis que le Costa Rica est devenu la principale destination de ceux qui cherchent à s'établir de manière permanente.

Au cours des premiers mois de 2026, la migration cubaine à travers l'Amérique centrale a connu une diminution significative, principalement attribuée à la nouvelle politique migratoire du Nicaragua.

Selon les données les plus récentes de l'OIM, le flux de Cubains passant par le Honduras a diminué de 75 % par rapport à la même période de l'année précédente, et le Costa Rica a commencé à se consolider comme destination permanente, selon une enquête – citée par cette organisation – dans laquelle 94 % des Cubains interrogés ont exprimé leur intention de résider dans ce pays.

Au cours de l’année 2025 et début 2026, les schémas migratoires de la population cubaine dans la région ont montré des changements notables dans les itinéraires et les destinations.

Les flux qui transitaient auparavant régulièrement ou irrégulièrement par le Honduras et le Nicaragua ont considérablement diminué, tandis que les routes choisies pour rejoindre les États-Unis ou s'installer dans d'autres pays se sont diversifiées.

Selon l'OIM, le Costa Rica a cessé d'être un pays de passage pour devenir une destination choisie, motivée par la recherche de meilleures conditions économiques, de stabilité politique et d'options de protection internationale.

La politique d'immigration du Nicaragua, en exigeant des visas pour les citoyens cubains, a réduit l'entrée de cette nationalité et, à l'inverse, a augmenté l'arrivée de migrants en provenance du Venezuela.

Cette mesure a forcé une reconfiguration des itinéraires, ce qui a conduit à anticiper les voyages par voie maritime ou aérienne et à utiliser d'autres pays d'Amérique centrale comme routes de transit alternatives.

Le Honduras a enregistré une baisse historique des entrées irrégulières de Cubains : de 64 000 entrées en 2024, elles sont passées à moins de 1 000 en 2025, ce qui représente une réduction de près de 70 %, détaille l'OIM.

Au cours des deux premiers mois de 2026, les entrées ont diminué de 75 % par rapport à la même période de l'année précédente, reflètent les données de l'OIM, avec seulement 1 503 enregistrements officiels.

En février 2026, 298 entrées ont été documentées, contre 1 205 en janvier. L'effet immédiat de la mesure prise par le Nicaragua était évident dans ces documents.

Au Guatemala, les flux de migrants cubains ont varié au cours de l'année 2025 : il y a eu 5 577 entrées en janvier, une diminution dans les mois intermédiaires et un rebond en octobre avec 1 671 inscriptions. Si la majorité cherche à rejoindre les États-Unis, un tiers n’a pas encore défini de destination finale et les motivations économiques prédominent.

Au Guatemala, les flux de migrants cubains ont varié au cours de l'année 2025 : il y a eu 5 577 entrées en janvier, une diminution dans les mois intermédiaires et un rebond en octobre avec 1 671 inscriptions. EFE/EPA/Cristobal Herrera-Ulashkevich

L'attractivité du Costa Rica réside dans la possibilité d'accéder à l'emploi, à la stabilité institutionnelle et aux options de protection internationale.

L’intérêt pour la régularisation de l’immigration et l’augmentation des demandes d’asile ont mis à l’épreuve la capacité des autorités locales. Dans ce nouveau contexte, l'Amérique centrale continue d'être un axe central pour la mobilité des Cubains, même si les routes se transforment et que le volume de passage par des pays comme le Honduras a diminué.

La récente décision du gouvernement nicaraguayen et la diversification des routes migratoires suggèrent que la mobilité cubaine va continuer à évoluer à court et moyen terme. Les politiques nationales d’immigration continueront de tracer la carte de l’immigration et l’avenir de milliers de personnes en transit.

L'attractivité du Costa Rica réside dans la possibilité d'accéder à l'emploi, à la stabilité institutionnelle et aux options de protection internationale. Avec la permission de : La Fortuna Costa Rica

Au Salvador, la migration revêt une double dimension : le pays fonctionne à la fois comme destination d’installation et de transit. Plus de 40 000 étrangers sont recensés dans le pays, parmi lesquels un nombre croissant de Cubains qui soulignent l'amélioration de la qualité de vie par rapport à l'île, explique l'OIM.

Les flux migratoires au Salvador montrent une tendance à la diversification. Parallèlement aux Cubains et aux Vénézuéliens, la migration en provenance du Nicaragua, du Honduras et du Guatemala a augmenté, dans de nombreux cas de manière irrégulière. Les envois de fonds envoyés par les migrants constituent déjà 27,3 % du PIB salvadorien, soulignant l'ampleur du phénomène.

La matrice de suivi des déplacements de l'OIM, présentée le 23 mars 2026 au Panama, a confirmé que les Cubains en Amérique latine ont modifié leurs schémas migratoires depuis janvier 2025.

Au Salvador, la migration revêt une double dimension : le pays fonctionne à la fois comme destination d’installation et de transit. Plus de 40 000 étrangers sont enregistrés dans le pays, parmi lesquels un nombre croissant de Cubains. (Photo gracieuseté de @MedioAmbienteSV).

Le rapport indique que beaucoup choisissent de s'installer dans la région, plutôt que de l'utiliser uniquement comme corridor vers d'autres destinations. María Moita, directrice régionale de l'OIM, a fait remarquer : « L'Amérique latine n'est plus un couloir pour les migrants cubains, mais devient de plus en plus le foyer auquel ils aspirent. »