Le gouvernement vénézuélien a affirmé mardi que l'Organisation des États américains (OEA) « n'a aucune compétence pour gouverner » les affaires intérieures du pays, suite à l'appel de l'organisation aux autorités vénézuéliennes pour qu'elles garantissent la transparence dans l'élection du procureur général et du médiateur.
À travers les réseaux sociaux, le ministre des Affaires étrangères Yván Gil a souligné que le Venezuela « ne fait pas partie » de l'OEA et a qualifié de « profondément dissonant qu'un responsable de cet organisme tente de donner un avis sur des processus qui correspondent exclusivement au peuple vénézuélien et à son ordre constitutionnel ».
Le ministre a ajouté : « Il est surprenant que l'actuel secrétaire général entende aujourd'hui invoquer l'héritage désastreux de son prédécesseur, Luis Almagro. Le Venezuela poursuivra son chemin vers l'autodétermination, droit inaliénable de son peuple ». Gil a accompagné son message d'une capture d'écran de la publication dans
Sur le réseau social, Ramdin a souligné que les autorités vénézuéliennes « doivent veiller à ce que les processus de nomination du procureur général et du médiateur répondent aux normes minimales de transparence, de mérite et de participation citoyenne ».

Ces derniers jours, 11 ONG vénézuéliennes ont dénoncé « l’absence de règles claires et publiques » concernant la procédure et les critères d’évaluation, et ont averti que les réglementations, le calendrier ou « le barème qui sera utilisé pour évaluer les diplômes » n’ont pas été publiés.
Le processus a débuté après la démission de Tarek William Saab et d'Alfredo Ruiz, tous deux proches du chavisme et qui occupaient respectivement les postes de procureur général et de médiateur jusqu'en février dernier.
L'Assemblée nationale, contrôlée par le chavisme, a rapporté vendredi que 21 nouvelles nominations avaient été reçues : 18 au poste de médiateur et 3 au poste de procureur général, après une prolongation de 48 heures conclue jeudi.
Parmi les candidats nommés médiateur se trouve le journaliste Vladimir Villegas, frère de l'ancien ministre de la Culture Ernesto Villegas, qui s'était initialement inscrit mais s'est ensuite retiré de la course.
Au total, le Bureau du Médiateur enregistre 78 demandes, tandis que le Bureau du Procureur général compte 76 candidats.
Le processus se déroule dans le contexte de l'amnistie approuvée en février, qui permet, en principe, la libération des prisonniers politiques depuis 1999, même si la norme ne prévoit que 13 événements répartis sur 13 ans.