Les hommes d’affaires vénézuéliens demandent de donner la priorité à la production nationale pour faire progresser la reprise après les tremblements de terre

La Confédération vénézuélienne des industriels (Conindustria) et la Chambre vénézuélienne de la construction (CVC) proposent que le processus de reconstruction après les tremblements de terre dévastateurs du 24 juin soit soutenu principalement par les intrants produits par les entrepreneurs nationaux.

Les industriels et constructeurs locaux proposent de « produire d’abord au Venezuela », en partant du principe qu’ils sont ceux qui « ont la capacité opérationnelle, l’expérience commerciale, les canaux de distribution et la qualité de service » pour avancer dans la récupération des zones touchées par le doublet sismique.

Les représentants de Conindustria et du CVC ont présenté cette idée lors d'une réunion avec le coordonnateur financier du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Tomiris Useche. « Les ressources utilisées dans cette phase doivent s'appuyer sur une logique inaliénable : donner la prépondérance et la préférence à la production nationale, de laquelle doit provenir la majorité de ce qui est nécessaire à la reconstruction de notre pays », a souligné Lawrence Dow, deuxième vice-président du syndicat des constructeurs.

La Banque mondiale (BM) estime que le cataclysme a causé des dégâts matériels de l'ordre de 19,6 milliards de dollars.

Des personnes effectuent des opérations de sauvetage dans une zone touchée par les tremblements de terre du 24 juin à La Guaira (Venezuela). EFE/Ronald Peña R.

« Avec les niveaux actuels d'investissements publics et privés, la reconstruction nécessiterait en grande partie de réorienter les ressources d'autres projets d'investissement. Dans ce scénario, la reconstruction resterait incomplète sur un horizon de dix ans, avec des effets négatifs durables sur l'activité économique.

Conindustria et CVC affirment qu'il existe dans le pays « plus de 200 lois restrictives » qui entravent le flux des investissements pour la reconstruction. « Compte tenu de l'impossibilité de réformer individuellement » chacun de ces textes, ils suggèrent d'approuver « une réglementation transitoire qui soit un 'pont' entre la législation existante et celle souhaitée ».

La Banque mondiale estime que les dégâts matériels dépassent les 19 milliards de dollars.

Ce « pont » servirait à « débloquer l’économie, avec des stimuli fiscaux et parafiscaux, en simplifiant les procédures administratives, en rendant plus flexible l’accès au crédit pour les entreprises et en facilitant également aux citoyens l’acquisition ou la location de logements à court terme et à des conditions favorables pour les partis ».

Les hommes d’affaires préviennent que « sans un cadre juridique adapté aux dimensions de la tragédie, la reprise ne pourra pas se concrétiser à temps », tout en soulignant la nécessité de parvenir à la « réinstitutionnalisation du pays » afin de « surmonter les multiples obstacles qui continuent aujourd’hui à freiner la croissance soutenue du secteur industriel ».