Les autorités indigènes de divers peuples autochtones ont élevé la voix face à ce qu'elles décrivent comme une crise environnementale sans précédent dans la réserve de biosphère de Río Plátano, l'un des principaux poumons naturels du Honduras.
Les représentants des communautés Miskitu, Tawahka, Pech et Garifuna du département de Gracias a Dios ont dénoncé la détérioration accélérée de l'écosystème et ont demandé des mesures urgentes pour mettre fin à sa dégradation.
Cette déclaration a été faite dans le cadre d'une réunion organisée dans les locaux du Commissariat National aux Droits de l'Homme (CONADEH), à laquelle ont participé des autorités indigènes, des représentants du gouvernement central et diverses institutions liées à la protection de l'environnement et aux droits de l'homme.
L'objectif principal de la réunion était d'articuler des actions communes qui nous permettront de faire face à la grave situation que traverse cette zone protégée.
Comme l'a expliqué le coordonnateur du Bureau de Défenseur des Peuples Indigènes et Afro-Honduriens de la CONADEH, Frank Cruz, la préoccupation des communautés naît d'un diagnostic communautaire qui montre la détérioration progressive de la réserve.
Cette analyse a été présentée lors du « Dialogue interculturel des peuples autochtones et du gouvernement central – ministères concernés », tenu à l'ancienne Maison présidentielle.

Selon Cruz, les communautés conviennent que la santé de l'écosystème a été gravement affectée par des facteurs externes, notamment la déforestation illégale, l'expansion des activités illicites, l'invasion des terres et le manque de contrôle efficace sur le territoire.
Ces problèmes ont affaibli la capacité de régénération naturelle de la forêt, mettant en danger non seulement la biodiversité, mais aussi la survie culturelle des populations qui habitent la région.
« La situation a atteint un point critique. Il ne s'agit pas seulement de mettre en œuvre davantage de plans de surveillance ou techniques, mais aussi de reconnaître effectivement l'autonomie des peuples autochtones sur leurs territoires ancestraux », ont déclaré les dirigeants communautaires lors de la réunion.
En ce sens, ils ont insisté sur le fait que toute stratégie de conservation doit inclure la participation active des communautés locales, qui sont historiquement les gardiennes de la forêt.
À la suite du dialogue, les autorités indigènes ont préparé un document intitulé « Positionnement politique des autorités territoriales indigènes de La Muskitia, face à la destruction de l'homme et de la réserve de biosphère du Río Plátano ».
Cette déclaration sera envoyée au pouvoir exécutif afin d'exiger des réponses concrètes et des actions immédiates qui mettront fin à la détérioration de l'environnement.
Le document soulève la nécessité d'établir une voie d'action globale comprenant des mesures de protection de l'environnement, le renforcement institutionnel et la reconnaissance des droits territoriaux des autochtones.
De même, il propose des mécanismes de contrôle qui garantissent le respect des engagements assumés par les autorités.

L'événement a également compté avec la participation de la représentante du département de Gracias a Dios et première vice-présidente du Congrès national du Honduras, Erika Urtecho, ainsi que des représentants du Secrétariat des ressources naturelles et de l'environnement (SERNA), de l'Institut de conservation des forêts, des forces armées et du Parquet spécial pour la protection des groupes ethniques et du patrimoine culturel, entre autres entités.
Au cours de la journée, il a été reconnu que la réserve de Río Plátano était confrontée à des pressions croissantes qui menaçaient son statut de zone protégée.
Ce territoire, déclaré site du patrimoine mondial par l'UNESCO, abrite une richesse biologique inestimable, notamment des espèces endémiques et des écosystèmes uniques à la région mésoaméricaine.
Cependant, les dirigeants autochtones ont averti que le manque de coordination institutionnelle et la faible présence de l'État ont permis la promotion d'activités qui dégradent l'environnement naturel. En particulier, ils ont souligné l'expansion de la frontière agricole et d'élevage, ainsi que l'exploitation forestière illégale, comme facteurs déterminants de la perte du couvert forestier.
Un autre point central du débat a été la nécessité de renforcer les mécanismes de gouvernance territoriale.
Les communautés autochtones soutiennent qu’une protection efficace de la réserve ne sera possible que si le respect de leurs systèmes organisationnels est garanti et si elles se voient attribuer un rôle de premier plan dans la prise de décision.