L'État dominicain ordonne le retrait des équipements privés des hôpitaux publics et assume le contrôle total de la gestion des hôpitaux

La République Dominicaine traverse un moment clé dans la gestion de son système de santé publique suite à la décision du directeur du Service National de Santé (SNS), Julio Landrón, d'ordonner le retrait de tout le matériel médical appartenant aux entreprises privées dans les hôpitaux publics.

Cette mesure, soutenue par une résolution officielle, marque la fin des contrats « commodatum » qui permettaient aux entreprises d'exploiter leurs propres appareils de diagnostic dans les centres publics.

Jusqu'à cette annonce, les hôpitaux publics s'appuyaient sur des accords avec des entreprises privées pour l'utilisation d'équipements tels que des tomodensitomètres, des appareils à rayons X et des systèmes de laboratoire. Au lieu d'acquérir ces fournitures, les institutions ont accepté qu'une entreprise installe leurs appareils en échange d'achats de fournitures et de réactifs, souvent à des prix supérieurs à ceux du marché.

Selon les rapports recueillis par Liste quotidiennecette pratique limitait l’autonomie des hôpitaux et mettait en péril la transparence dans l’utilisation des ressources. Julio Landrón a justifié la résolution en affirmant que le système des « commodatos » avait fini par placer les intérêts des entreprises au-dessus des soins aux patients.

Ainsi, le modèle, critiqué depuis des années par divers secteurs, soumettait les hôpitaux à la dépendance de la volonté et des intérêts économiques de fournisseurs externes, ce qui pouvait se traduire par l'obsolescence des équipements ou l'interruption des services.

L'institution nationale de santé officialise le retrait des entreprises privées des centres hospitaliers publics (Autorisation @SNSRDO).

La nouvelle stratégie du SNS comprend l'acquisition de ses propres équipements financés en collaboration avec l'Assurance Maladie Nationale (SeNaSa). Dans le cadre de ce programme, l'argent versé par l'assurance pour chaque diagnostic restera à l'hôpital, dans le but de renforcer sa viabilité financière.

L’objectif est que ces fonds soient utilisés pour les salaires, les médicaments ou les infrastructures, et non détournés vers des comptes privés. De même, la résolution établit également que les achats d'intrants seront effectués au moyen d'appels d'offres basés sur la consommation réelle et en donnant la priorité aux coûts les plus bas, ce qui devrait se traduire par une meilleure exécution budgétaire.

Landrón a souligné que les directeurs d'hôpitaux doivent désormais garantir la transparence dans la passation des marchés de fournitures et de services, en éliminant l'obligation de travailler avec un seul fournisseur. Cette mesure vise à éviter que les institutions publiques ne soient « kidnappées » par des conditions contractuelles bénéficiant à des tiers.

Fournitures médicales avec les logos SNS et SeNaSa (boîtes de médicaments, réactifs, seringues) sur une table d'hôpital dominicain, avec des documents et un ordinateur portable éparpillés en arrière-plan.

Concernant l'impact sur la gestion administrative, le SNS a mis en place des contrôles stricts sur l'utilisation des véhicules officiels. Ils ne peuvent être utilisés que pour des tâches de surveillance et de supervision programmées.

Selon les données de l'entité, cette politique a déjà généré une économie mensuelle de 1,3 million de pesos dominicains en carburant, un chiffre qui représente des ressources supplémentaires pour l'achat de médicaments et de matériel médical.

Landrón lui-même a reconnu que la résolution affecte les intérêts privés qui opèrent au sein des hôpitaux publics depuis des années. L'État a accordé un délai aux entreprises pour retirer leurs équipements, dont certains sont à technologie obsolète.

La résolution marque un changement de paradigme dans la santé dominicaine, axé sur le retour de la gestion et des prestations des hôpitaux publics sous l'administration directe de l'État. Le retrait des équipes privées symbolise le début d’une étape dans laquelle la santé publique cherche à rivaliser en qualité et en efficacité avec le secteur privé, et dans laquelle le contrôle des ressources vise à bénéficier plus directement à la population dominicaine.