L'ONG Foro Penal a demandé aux autorités d'informer la destination des prisonniers transférés d'El Helicoide au Venezuela

Les proches des personnes détenues ont eu du mal à savoir où se trouvaient leurs proches.

L'ONG Foro Penal a exhorté les autorités vénézuéliennes à signaler clairement la destination et la situation des prisonniers transférés d'El Helicoide, à Caracas, vers d'autres centres pénitentiaires de l'intérieur du pays. L'organisation a prévenu que le manque d'informations pourrait constituer une disparition forcée.

Ces derniers jours, des proches et des défenseurs des droits humains ont signalé qu'un nombre indéterminé de personnes privées de liberté avaient été emmenées de la structure connue sous le nom d'El Helicoide vers différents établissements pénitentiaires sans notification officielle de leur sort.

« La réponse du régime aujourd'hui est de commencer un transfert arbitraire, de réitérer les violations des droits de l'homme contre les prisonniers politiques qui se trouvent ici et de ne pas donner de réponses en temps opportun à leurs proches, qui depuis ce matin tentent de savoir ce qui se passe », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le Forum Pénal a soutenu que le devoir juridique et humanitaire oblige les fonctionnaires à informer immédiatement les membres de la famille et les avocats de la localisation et des conditions de chaque personne transférée, et a demandé la transparence sur les mouvements effectués depuis le principal centre de détention associé au Service National Bolivarien de Renseignement (Sebin).

En outre, l'organisation a précisé que les transferts comprenaient des prisons telles que celles d'El Rodeo et de Yare, dans l'État de Miranda ; Tocuyito, à Carabobo ; et l'Institut national d'orientation des femmes (INOF) et Las Crisálidas, tous deux à Miranda. Par exemple, le leader politique et prisonnier de Táchira, Jackson Vera, a été envoyé à La Planta, située à Caracas.

La présidente en charge du Venezuela, Delcy Rodríguez, a ordonné la fermeture d'El Helicoide en janvier et a proposé de transformer le lieu en un centre social et sportif, en pleine discussion sur une loi d'amnistie pour les prisonniers politiques que le Parlement vénézuélien a approuvée en février.

Malgré cette annonce, l'ONG Justice, Rencontre et Pardon (JEP) a assuré que le centre restait opérationnel et qu'au moins 25 prisonniers politiques y restaient.

Le registre actualisé des prisonniers politiques, réalisé par Foro Penal, chiffre le nombre total à 404, dont 39 ont une nationalité étrangère ou une double nationalité. Parmi les personnes détenues, 369 sont des hommes et 35 des femmes. Sur ce total, 225 sont des civils, dont un adolescent, tandis que 179 sont des militaires.

En outre, entre autres données, 67 personnes ont été condamnées et 237 étaient en attente de condamnation. Depuis 2014, l’ONG a recensé 19 102 arrestations à caractère politique dans le pays.