L'ONU a rapporté que plus de 2 100 homicides ont été enregistrés en Haïti entre juin et août de cette année.

Entre le 1er juin et le 31 août, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (Binuh) a enregistré 2,123 homicides à travers le pays, dont 161 femmes, 16 filles et 29 garçons, ce qui représente une diminution de 10% par rapport aux 2,364 victimes enregistrées entre mars et mai de cette année.

C'est ce que révèle le dernier rapport trimestriel publié ce mercredi par l'Organisation des Nations Unies (ONU) en Haïti, qui souligne que le nombre d'homicides a augmenté de manière alarmante dans les départements de l'Artibonite et du Centro, où 1,303 victimes ont été enregistrées entre janvier et août de cette année, contre 419 dans la même période de 2024, ce qui représente une augmentation de 210%.

Par ailleurs, selon le rapport, entre le 1er juin et le 31 août, les gangs ont enlevé 334 personnes, dont 69 femmes, 10 filles et 14 garçons, contre 328 enlèvements enregistrés au cours des trois mois précédents.

En outre, l'étude montre qu'entre juin et septembre 2025, au moins 733 personnes sont mortes en Haïti et 423 autres ont été blessées lors d'opérations menées par les forces de sécurité contre les gangs. 78 % des victimes étaient des membres de gangs, tandis que 22 % étaient des habitants touchés par des balles perdues dans leur logement ou lors de leurs activités quotidiennes.

Les habitants marchent dans une rue

Entre le 1er mars et le 20 septembre, les opérations de drones ont fait au moins 547 morts (527 membres présumés de gangs et 20 membres de la population, dont 11 enfants) et 489 blessés (461 membres présumés de gangs et 28 membres de la population, dont 9 enfants).

En revanche, entre mai et août 2025, 582 cas de violences sexuelles ont été signalés.

L'ONU a souligné que les activités et l'expansion des gangs ont ralenti dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, mais qu'ils ont continué à se propager dans les zones périphériques de la capitale, ainsi que dans les départements de l'Artibonite et du Centre.

« La violence armée continue de menacer la transition en cours. Des progrès durables sur le front politique et électoral ne peuvent être réalisés sans une amélioration significative de la situation sécuritaire », a rappelé l'ONU.

L'institution a réitéré que des décisions cruciales doivent être prises en vue de la date limite du 7 février 2026 pour le rétablissement des institutions démocratiques.

« Haïti ne peut pas se permettre un vide politique », a prévenu l'ONU.

La police patrouille à un carrefour

Le rapport indique qu'il n'y a toujours pas de calendrier pour les élections, même si les préparatifs techniques se poursuivent.

« Seul un dialogue mené et contrôlé par les Haïtiens peut mener le processus de rétablissement d'une gouvernance démocratique », a déclaré l'ONU.

Concernant la situation des forces de sécurité du pays, au 31 août, la Police Nationale d'Haïti comptait 13,501 agents, dont 1,776 femmes (13,2%).

Entre juin et août, la Police nationale haïtienne a signalé la perte de 27 agents, dont 13 ont été abattus.

Par ailleurs, selon l'ONU, de graves déficiences opérationnelles persistent : sur les 116 véhicules blindés, 25 ne sont pas opérationnels, 23 ont été détruits au cours des opérations et 2 seraient aux mains de gangs. Sur les 413 commissariats que compte le pays, 79 ne sont toujours pas opérationnels, souligne le document.

« La situation dans les prisons haïtiennes reste désastreuse, caractérisée par une grave surpopulation, un manque de ventilation, un accès limité aux soins de santé et des pénuries alimentaires, qui ont contribué à un nombre élevé de décès », a estimé l'ONU.