L'ONU prévient qu'El Niño pourrait aggraver l'insécurité alimentaire de 2,6 millions de personnes en Équateur

L'Organisation des Nations Unies (ONU) a averti que l'arrivée possible du phénomène El Niño au cours du second semestre 2026 pourrait aggraver la situation alimentaire de millions de personnes en Équateur, un pays déjà confronté à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire aiguë en raison de facteurs économiques, climatiques et sociaux. Selon une analyse appuyée par la Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC), 2,6 millions de personnes se trouvent dans des conditions de crise alimentaire ou d'urgence et ont besoin d'une aide urgente.

L'alerte coïncide avec les prévisions internationales qui prévoient une forte probabilité de développement d'un nouvel épisode El Niño dans les mois à venir. Des organisations spécialisées des Nations Unies ont indiqué que le phénomène pourrait générer des pluies intenses, des inondations et des dommages à la production agricole dans plusieurs pays d'Amérique latine, dont l'Équateur, augmentant ainsi la pression sur les systèmes alimentaires et les moyens de subsistance des populations vulnérables.

Selon le rapport humanitaire 2025-2026 soutenu par les Nations Unies, entre avril et juillet de cette année, environ 2,5 millions de personnes sont en phase de crise alimentaire, tandis qu'environ 95 000 sont confrontées à des conditions classées comme urgence alimentaire. L'étude inclut à la fois la population équatorienne et les groupes de migrants en situation de vulnérabilité.

Le débordement de la rivière et les pluies constantes ont plongé la population sous l'eau. (Préfecture de Guayas)

L'ONU a identifié une combinaison de facteurs à l'origine de la détérioration de la sécurité alimentaire dans le pays. Il s’agit notamment de l’augmentation soutenue des prix des denrées alimentaires, de l’instabilité des revenus familiaux, des impacts des événements climatiques extrêmes, de la violence et de l’insécurité. Le rapport évoque également des menaces sur la production agricole, comme la présence du champignon tropical Fusarium Race 4, qui affecte les cultures de plantain et de banane dans certaines zones de production.

L'analyse indique que les provinces avec les niveaux d'impact les plus élevés sont Guayas, Manabí, Los Ríos, Esmeraldas et Pichincha, des territoires qui concentrent une partie importante de la population nationale et qui ont également subi les impacts des événements climatiques, des difficultés économiques et des problèmes de sécurité.

La situation intervient dans un contexte marqué par une intense saison des pluies. Les Nations Unies ont indiqué que les précipitations enregistrées au cours de l'année 2026 ont déjà touché plus de 100 000 personnes dans différentes régions du pays, causant des dommages aux habitations, aux infrastructures routières, aux activités productives et aux cultures agricoles. Ces impacts pourraient s’accentuer si un nouvel épisode El Niño se consolidait dans les mois à venir.

Carte aquarelle du cycle ENSO, montrant trois phases : El Niño (rouge, avec sécheresse), Phase Neutre (vert, avec nuages ​​et champs) et La Niña (bleu, avec pluie et glace).

Selon le rapport, le problème ne se limite pas à la disponibilité physique de la nourriture. La principale préoccupation est liée à l’accès économique des ménages aux produits de base. Diverses couches de la population sont confrontées à des difficultés pour acquérir de la nourriture en raison de la perte de revenus, de l'augmentation du coût de la vie et de l'augmentation du prix du panier de base.

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds international de développement agricole (FIDA) ont averti que les phénomènes météorologiques extrêmes associés à El Niño représentent un risque croissant pour l'Amérique latine et les Caraïbes. Les agences ont noté que les gouvernements doivent renforcer les mesures de préparation et de réponse pour réduire les impacts sur la production agricole, la disponibilité alimentaire et les revenus des familles rurales.

Les projections incluses dans l’évaluation humanitaire indiquent qu’entre août et novembre 2026, la situation pourrait rester à des niveaux similaires, avec environ 2,6 millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en phase 3 ou supérieure sur l’échelle utilisée par l’IPC. Cela signifie que des millions de ménages continueront d’avoir besoin d’aide pour satisfaire leurs besoins alimentaires de base.

Face à ce scénario, l'Organisation des Nations Unies a réitéré la nécessité de mettre en œuvre des mesures d'assistance alimentaire, de renforcement des systèmes productifs, de soutien aux communautés rurales et d'actions de préparation à d'éventuels événements climatiques extrêmes.