Le Groupe de réflexion des prisonniers politiques libérés (Grex), composé d'anciens prisonniers politiques nicaraguayens, a demandé ce lundi au gouvernement des États-Unis d'arrêter l'expulsion de Marvin Castellón Ubilla, l'un des 222 opposants nicaraguayens bannis et privés de leur nationalité en février 2023 par le régime de Daniel Ortega. La pétition fait suite à l'arrestation de Castellón Ubilla à West Palm Beach alors qu'il se rendait à son travail.
Grex a souligné que Castellón Ubilla avait déjà subi trois emprisonnements en raison de son appartenance à une famille d'opposition et de son activisme contre le gouvernement d'Ortega et la vice-présidente Rosario Murillo.
Le groupe a également souligné que l'option de le transférer vers un pays tiers serait injuste, étant donné que l'opposant réside et travaille constamment dans le secteur de la construction aux États-Unis depuis son arrivée. Selon le communiqué, « il n’a rien fait de mal, a travaillé sans relâche dans le secteur de la construction depuis son arrivée et continue d’être un opposant au régime ».

La situation à Castellón Ubilla se produit dans un contexte d’incertitude en matière d’immigration pour les 222 Nicaraguayens libérés de prison et exilés en 2023, à qui la nationalité et les droits politiques ont été retirés. Le précédent le plus récent concerne Juan Barillla, un autre opposant expulsé, expulsé vers le Honduras le 29 novembre après avoir été arrêté aux États-Unis pour conduite sous l'influence de l'alcool.
La crise politique et sociale au Nicaragua a débuté en avril 2018 avec le déclenchement de manifestations massives contre le gouvernement de Daniel Ortega. Les manifestations ont donné lieu à la répression, aux arrestations et aux persécutions contre les dirigeants de l'opposition, les défenseurs des droits humains et les citoyens critiques à l'égard du régime.

Depuis lors, la majorité de ces personnes libérées restent bénéficiant de permis humanitaires temporaires ou de demandes d’asile en attente. Des organisations telles que le Groupe de réflexion des prisonniers libérés politiquement (Grex) ont dénoncé le manque de garanties pour leur intégration et leur régularisation dans le pays nord-américain. La pétition du groupe souligne la nécessité d'une protection internationale pour ceux qui ont été déchus de leur nationalité et qui risquent des représailles s'ils retournent au Nicaragua.
La déclaration du groupe d'anciens prisonniers se termine par une demande directe aux autorités américaines de reconsidérer la situation de Marvin Castellón Ubilla et d'accorder l'asile politique aux exilés nicaraguayens. Jusqu'à présent, aucune décision officielle n'a été annoncée concernant son cas ni sur d'éventuelles mesures supplémentaires pour le reste des exilés du Nicaragua.