« Persécution » et « honteux » : critique du bolsonarisme après la décision de la justice brésilienne de l'envoyer en prison

La détention préventive de Jair Bolsonaro, ancien président du Brésil, a provoqué une vive réaction parmi ses alliés politiques, qui ont dénoncé cette mesure comme une persécution et ont accru la pression pour que le Congrès approuve une amnistie qui bénéficierait à lui et à d'autres personnes reconnues coupables de la tentative de coup d'État.

La décision, rendue par la Cour suprême, a relancé le débat sur la polarisation politique et la stabilité institutionnelle du pays.

Bolsonaro a été détenu préventivement ce samedi à sa résidence de Brasilia, où il était assigné à résidence depuis le 4 août pour non-respect des mesures de précaution dans le cadre du processus de coup d'État.

Selon la Cour suprême, l'ancien président a tenté de briser le bracelet électronique qui contrôlait ses mouvements dans le but de s'échapper lors d'une manifestation convoquée devant son domicile par l'un de ses enfants. Après son arrestation, des agents l'ont emmené au siège de la Surintendance de la Police Fédérale de Brasilia, où il se trouve dans une chambre privée en attendant de nouvelles décisions judiciaires. Le juge Alexandre de Moraes, rapporteur de la procédure à la Cour suprême, a fondé l'ordonnance sur l'existence d'un « risque de fuite spécifique » et d'une « menace à l'ordre public ».

Jair Bolsonaro et sa femme

La réaction de l’entourage de Bolsonaro a été immédiate. Sóstenes Cavalcante, député et chef du Parti libéral à la Chambre basse, a dénoncé sur les réseaux sociaux : « L'emprisonnement de Jair Bolsonaro est la plus grande persécution politique de l'histoire du Brésil !

De son côté, Michelle Bolsonaro, épouse de l'ancien président, a exprimé sa confiance dans la justice et a remercié le soutien reçu, en plus d'appeler à la foi : « Nous continuons à prier. Le Brésil a besoin de notre intercession ».

Fabio Wajngarten, porte-parole de la famille Bolsonaro, a critiqué la décision judiciaire pour avoir été prise samedi et au milieu de l'état de santé délicat de l'ancien président, qualifiant la situation de « honteuse ».

Parallèlement, le sénateur Damares Alves, ancien ministre de la Femme et de la Famille, a exhorté la Chambre des députés à voter « immédiatement une amnistie ».

Disciples de Jair Bolsonaro dans

Le projet d’amnistie, promu par le bolsonarisme, est devenu le principal axe de pression politique au Congrès. L'initiative vise à exonérer de toute responsabilité pénale Bolsonaro et les autres personnes reconnues coupables d'événements liés à la tentative de coup d'État.

Cependant, l'avancement du projet se heurte à des obstacles : le législateur chargé de l'élaborer n'a pas réussi à parvenir à un consensus sur le texte avec les principales forces politiques, ce qui a laissé la proposition bloquée et sans date pour son débat en plénière.

Au fond de la crise se trouve la sentence prononcée le 11 septembre par la Cour suprême fédérale, qui a condamné Bolsonaro à 27 ans de prison pour avoir dirigé un complot de coup d'État après avoir perdu les élections de 2022 face à Luiz Inácio Lula da Silva.

La détention préventive prononcée ce samedi ne constitue pas l'exécution de cette peine, mais plutôt une mesure conservatoire adoptée en raison du rejet des premiers appels et de la perception d'un risque de fuite.