Plus d'un tiers des réfugiés vénézuéliens dans six pays d'Amérique latine envisagent de retourner au Venezuela si les conditions sont remplies, selon les données du HCR – l'agence des Nations Unies pour les réfugiés – présentées dans le rapport « Intentions de retour au Venezuela. Mars 2026 ».
35% des personnes interrogées considèrent leur retour possible, même si la majorité choisit de rester dans le pays d'accueil, motivée principalement par le travail et des raisons de sécurité.
Selon l'enquête réalisée par le HCR entre le 27 janvier et le 4 mars, 35 % des Vénézuéliens interrogés en Équateur, au Pérou, en Colombie, au Brésil, au Chili et au Guatemala apprécient l'idée de retourner dans leur pays. La principale motivation est le regroupement familial, tandis que la peur de l'insécurité et du manque d'emploi apparaît comme le plus grand obstacle au retour.
Selon les chiffres actualisés du HCR en novembre 2025, environ 6,9 millions de Vénézuéliens résident actuellement en Amérique latine et dans les Caraïbes en tant que réfugiés ou migrants. Au moins 4 millions de ces personnes ont besoin d'une aide humanitaire.
L'enquête a porté sur 1 288 participants, avec un profil majoritairement féminin (67 %) et une moyenne d'âge de 38 ans. 65% ont fait des études secondaires ou supérieures. Cependant, 41 % d’entre eux restent sans statut d’immigration régulier, ce qui limite leurs possibilités d’emploi formel et rend l’intégration difficile.
Les principales causes de départ ont été la crise économique, l'insécurité et la détérioration des services au Venezuela.

Raisons et principaux obstacles au retour au Venezuela
Les motivations personnelles et familiales sont des facteurs clés qui expliquent l’intérêt du retour. Le HCR indique que le regroupement familial est la cause la plus récurrente parmi ceux qui souhaitent rentrer à court ou moyen terme.
Cependant, les craintes du manque de travail et de l'insécurité représentent les principaux obstacles : chacune est indiquée par 22% des personnes interrogées comme motif de non-retour.
En outre, le rapport indique que 58 % d’entre eux expriment leur crainte à l’idée de rentrer, citant l’insécurité ou des conditions de vie inadéquates. D’autres facteurs tels que l’insécurité alimentaire, les problèmes de santé et l’exposition à la violence rendent également la décision difficile.
La préférence majoritaire reste de rester dans le pays d’accueil, protégé par la stabilité de l’emploi et l’accès aux services de santé et d’éducation. 81 % des personnes interrogées soulignent l'importance d'avoir un revenu stable et 75 % valorisent l'accès aux soins médicaux lorsqu'ils décident de rester.

Conditions nécessaires et perspectives de retour
Le retour reste en grande partie une aspiration plutôt qu’une action imminente. Seules 9 % des personnes interrogées par le HCR envisagent de rentrer dans les 12 prochains mois. La majorité associe le retour à un terme intermédiaire et le lie aux transformations structurelles au Venezuela.
Parmi les conditions indiquées comme essentielles, se distinguent la reprise économique (85%), la stabilité politique et le contrôle de l'inflation (83%), l'amélioration des services de base (82%) et l'expansion de la sécurité publique (78%). Ces revendications suggèrent que le retour ne sera viable qu’avec un changement global dans le pays.
L'organisation du retour se discute généralement au niveau familial. Parmi ceux qui envisagent de revenir, environ la moitié le feraient avec toute leur famille. Cependant, 75 % n’ont pas pris de mesures pratiques pour préparer leur retour et une minorité a envisagé d’effectuer des visites exploratoires pour évaluer la situation au Venezuela.

Lacunes en matière d’information et besoins de soutien identifiés
Le manque d’informations fiables constitue un obstacle notable à la décision d’immigration. 60% des personnes interrogées affirment ne pas disposer de données suffisantes pour évaluer les implications du retour, une tendance présente dans la majorité des pays analysés.
Les réseaux familiaux constituent la principale source d'information pour 39%, suivis par les amis, les réseaux sociaux et les médias. Le manque de communication institutionnelle favorise l’incertitude quant aux processus de retour et aux conséquences juridiques sur leur statut d’immigration.
Concernant les besoins détectés, les réfugiés consultés demandent « un soutien en matière de documentation, une assistance socio-économique et une orientation juridique », à la fois pour planifier leur départ du pays d'accueil et pour faciliter leur réintégration au Venezuela.
Le rapport du HCR met également en garde contre d'éventuels conflits en matière de logement et de propriété, étant donné qu'un tiers des personnes interrogées affirment posséder un logement dans leur pays d'origine, même si dans de nombreux cas, ces résidences sont occupées ou détériorées.
La création de conditions permettant un retour volontaire sûr, informé et digne nécessite de renforcer l’information, le soutien et l’accès aux mécanismes et services de protection tant dans les pays d’accueil qu’au Venezuela. Ces mesures, selon le HCR, seront fondamentales pour répondre aux aspirations et aux besoins des réfugiés vénézuéliens dans la région.