L'ONG Foro Penal a signalé que 454 personnes restent emprisonnées pour des raisons politiques au Venezuela, dont 41 sont étrangers ou ont la double nationalité, selon un rapport publié le 27 avril. Le rapport précise que parmi les personnes détenues, il y a 410 hommes et 44 femmes ; 186 sont des militaires et le reste des civils.
Parmi les prisonniers se trouvent un adolescent et deux personnes dont on ne sait pas où ils se trouvent. Ces données ont été envoyées à l'Organisation des États américains et au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.
Actuellement, selon l'ONG Foro Penal, seules 164 des personnes détenues ont été condamnées, tandis que 290 restent privées de liberté sans condamnation définitive.

Depuis 2014, l'organisation a enregistré au total 19 088 arrestations à des fins politiques et estime que plus de 11 000 personnes font l'objet de mesures restrictives de liberté, comme l'interdiction de quitter le pays ou l'obligation de comparaître périodiquement devant un tribunal. Depuis le début des enregistrements, plus de 14 000 personnes ont été libérées, même si beaucoup restent sous surveillance ou sous restrictions.
Le rapport le plus récent montre une réduction de 19 cas par rapport au rapport précédent du 21 avril, qui comptait 473 prisonniers politiques. La situation actuelle évolue dans le cadre de la loi d'amnistie promulguée en février, qui ne couvre que certains crimes et périodes spécifiques.
La validité de cette loi a été débattue publiquement : le député Jorge Arreaza, président de la commission parlementaire de contrôle, a déclaré que la règle était toujours en vigueur et qu'ils continuaient à recevoir des demandes ; En revanche, la représentante en charge Delcy Rodríguez a indiqué que la prestation touchait à sa fin, sans préciser de détails.
Les autorités vénézuéliennes ont indiqué que plus de 8 000 personnes avaient été amnistiées, la majorité sous des mesures restrictives, sans toutefois publier de liste officielle des bénéficiaires.
Parallèlement à la publication de ce rapport, le Bureau du Médiateur vénézuélien, dirigé par Eglée González Lobato, a organisé une réunion avec les proches des personnes détenues lors des opérations frontalières. Les participants ont exprimé leurs inquiétudes quant aux conditions de détention et ont présenté des cas de « faux positifs au tancol », terme utilisé par les autorités pour identifier les « terroristes armés colombiens et les trafiquants de drogue ».

Dans ce contexte, les proches ont demandé l'intervention du président colombien Gustavo Petro pour obtenir la libération de 16 citoyens de ce pays accusés de terrorisme et détenus au Venezuela.
Le Bureau du Défenseur du peuple a exprimé à travers ses voies officielles son engagement à suivre les dossiers et à garantir la défense et l'intégrité des détenus.
La situation des prisonniers politiques au Venezuela a également eu un écho international. Mardi, le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a rencontré le ministre vénézuélien du Commerce extérieur Johann Álvarez Márquez à Rome pour promouvoir la libération des prisonniers politiques et renforcer les liens commerciaux.
Lors du forum d'affaires Italie-Amérique latine, Tajani a réitéré son appel à la libération de tous les prisonniers politiques et a proposé d'accroître le commerce et les investissements, en particulier dans des secteurs tels que les infrastructures et l'énergie.