Rebeca Ráquel Obando démissionne de la présidence de la Cour suprême de justice du Honduras

La démission irrévocable de Rebeca Raquel Obando en tant que présidente de la Cour suprême de justice du Honduras a modifié l'équilibre interne de la plus haute instance judiciaire et a ouvert un processus de remplacement immédiat à la tête de l'institution. Le juge a décidé de quitter ses fonctions en raison de l'imminence d'un procès politique promu par le Parlement.

Dans une lettre adressée au Parlement, Raquel Obando a expliqué que la principale raison de son départ était le décret récemment approuvé, qui transférait les pouvoirs précédemment exercés par la présidence à l'ensemble de la session plénière de la Cour suprême.

« La réforme législative a considérablement limité les pouvoirs qui m'étaient conférés lorsque j'ai assumé la présidence de cette branche de l'État », a déclaré la juge, soulignant qu'elle quitte la fonction exécutive pour que l'assemblée plénière puisse assumer pleinement les nouveaux pouvoirs.

Après avoir accepté la démission, le député Jorge Cálix, du Parti libéral, a proposé que le juge Wagner Vallecillo assume provisoirement la présidence. Cette proposition a également été approuvée par 93 députés, selon Tomás Zambrano, président du Parlement.

Le Parlement a accepté la démission d'Obando par 93 voix, marquant le début d'un nouveau processus de succession judiciaire au Honduras. (Photo : avec l'aimable autorisation)

Il appartient désormais à Vallecillo de convoquer l'ensemble de la Cour suprême pour ratifier sa nomination. Par la suite, le Parlement doit approuver et assermenter le nouveau président, un processus qui pourrait se conclure début avril.

Le mandat pour lequel Raquel Obando a été élue ainsi que le reste de la session plénière des magistrats en 2023 avait une durée prévue de sept ans. Sa démission n'affecte que la présidence ; Elle continuera à exercer ses fonctions de magistrat propriétaire conformément à la Constitution.

Le départ d'Obando est intervenu peu après le limogeage définitif du procureur général Johel Zelaya, qui faisait l'objet d'un procès politique qui a débuté lundi. La commission spéciale chargée du processus a recommandé sa séparation immédiate après avoir examiné son travail en tant que procureur général.

Pablo Reyes a été élu au cours de la même session parlementaire pour terminer le mandat restant de Zelaya, qui avait pris ses fonctions en décembre 2023. Le rapport sur Zelaya a été approuvé dans une atmosphère tendue, avec des sifflets et des slogans des députés Libres.

À droite, en costume bleu, Rebeca Ráquel Obando, ancienne présidente de la Cour suprême du Honduras. (EFE/Gustavo Amador)

Dans sa lettre, Obando a souligné l'importance de respecter le nouveau cadre juridique et de renforcer la nature collégiale du pouvoir judiciaire. Le changement de pouvoirs représente une transformation importante dans la dynamique interne de la Cour suprême de justice.

L’issue de la succession dépendra de la ratification interne et de l’approbation ultérieure du Parlement, étapes qui définiront la composition définitive de la direction judiciaire hondurienne pour les années à venir.

Accusations contre Zelaya et environnement politique dans la transition judiciaire

Le rapport parlementaire sur la gestion de Johel Zelaya indique que durant son mandat, les dossiers ont été manipulés, « mettant de côté » des processus clés et appliquant la justice de manière sélective. Des procureurs de carrière auraient été rétrogradés, mutés ou démis de leurs fonctions pour avoir refusé de modifier les enquêtes en cours, ce qui a soulevé des inquiétudes quant à l'autonomie et à la transparence du ministère public.

En outre, le document souligne des décisions à fort impact, telles que l’inaction face à des preuves pertinentes – y compris ce que l’on appelle la « narcovidéo » – alors que des interventions disproportionnées ont été menées dans des causes mineures. Parmi les plaintes recueillies, se distingue l'omission de mesures judiciaires en réponse aux attaques subies par les députés de l'opposition, malgré l'existence de données suffisantes pour agir.

Le rapport parlementaire accuse Johel Zelaya de manipuler des dossiers et d'appliquer la justice de manière sélective au ministère public. (Photo : Réseaux sociaux)

Le rapport fait également état d'ingérences dans des dossiers liés à des personnalités politiques, où les exigences fiscales ont été modifiées arbitrairement, alimentant la perception d'une administration sélective et partiale de la justice.