Un adolescent de 15 ans a été condamné à la peine maximale après avoir assassiné l'oncle de sa petite amie en Équateur

Un adolescent de 15 ans a été condamné à huit ans de détention institutionnelle pour le meurtre de l'oncle de sa petite amie dans le canton de Sigchos, dans la province andine de Cotopaxi, dans une affaire qui a une fois de plus remis en débat les limites du système pénal pour mineurs en Équateur.

La condamnation a été obtenue par le parquet général de l'État, qui a réussi à démontrer la responsabilité du mineur, identifié par les initiales VC, dans l'homicide survenu le 16 février 2026 dans le secteur de Puchuguango.

Selon l'enquête, le crime s'est produit dans le parc familial, situé dans la rue Sigchillas, alors que la victime et son épouse recherchaient leur fille et une nièce. Il y avait là une adolescente qui entretenait une relation amoureuse avec la nièce du défunt.

Selon le témoignage de l'épouse de la victime, le mineur aurait agressé l'homme « sans raison apparente ». Il a sorti un couteau et l'a poignardé à l'abdomen, après quoi il a pris la fuite.

Un corps recouvert d'un drap blanc repose sur une route asphaltée grise. Au premier plan, un ruban de sécurité jaune avec "NE PAS PASSER" traverse l’image.

La victime a été transportée d'urgence à l'hôpital de base de Sigchos, où les médecins ont confirmé son décès quelques minutes plus tard. L'autopsie a établi qu'il était décédé des suites d'une blessure pénétrante causée par une arme tranchante dans la région abdominale.

Après avoir reçu l'alerte de l'ECU 911, la Police Nationale a déployé une opération pour localiser l'agresseur. Sur la base des témoignages et des premières investigations, les agents l'ont trouvé caché dans une maison voisine. Comme il s'agissait d'un délit flagrant, ils sont entrés dans la propriété et ont procédé à son arrestation.

Au cours du procès, le parquet a présenté comme preuves le rapport de police, le rapport de reconnaissance des lieux des événements, le procès-verbal d'enlèvement du corps, le protocole d'autopsie et les versions des témoins oculaires.

Fort de ces éléments, le juge spécialisé dans les adolescents délinquants a prononcé la peine maximale prévue par la législation équatorienne pour un mineur dans les cas d'homicide : huit ans de réclusion institutionnelle.

En Équateur, les adolescents qui commettent des délits ne sont pas condamnés à des peines de prison ordinaires, mais plutôt à des mesures socio-éducatives prévues dans le Code de l'enfance et de l'adolescence. Ces mesures cherchent à combiner sanction, réhabilitation et réinsertion sociale.

Les jeunes contrevenants sont gardés par des membres de l'armée après un incendie au Centre pour délinquants juvéniles (CAI) à Quito (Équateur), le 31 août 2023. REUTERS/Karen Toro

Dans cette affaire, la condamnation était basée sur l'article 144 du Code Pénal Organique Intégral (COIP), qui punit l'homicide d'une peine de 10 à 13 ans de prison pour les adultes, conformément aux articles 372 et 379 du Code de l'Enfance et de l'Adolescence.

L'isolement institutionnel implique que l'adolescent reste dans un centre spécialisé sous la garde de l'État, où il doit recevoir des soins psychologiques, une éducation formelle et des programmes de réadaptation.

La réglementation équatorienne établit des échelles de responsabilité pénale différenciées en fonction de l'âge du délinquant. Pour les adolescents âgés de 14 à 18 ans, les délits les plus graves peuvent être punis d'une peine maximale de huit ans de réclusion, ce qui constitue la limite légale maximale.

Le cas de Sigchos s'ajoute à d'autres épisodes récents dans lesquels des mineurs ont été reconnus coupables de crimes violents en Équateur, un phénomène qui inquiète les autorités dans un contexte de participation croissante d'adolescents à des actes criminels.

Plus de 70 000 policiers sont déployés dans tout le pays. (Bureau à domicile)

Selon les rapports officiels, de nombreux mineurs ont été recrutés par des structures criminelles pour des tâches telles que le transport d'armes, le microtrafic, l'extorsion et les tueurs à gages, profitant du fait que le régime de sanction des mineurs est différent de celui des adultes.

Cependant, les spécialistes de la justice pour mineurs préviennent que l'objectif du système n'est pas seulement de punir, mais aussi d'offrir des outils pour éviter la récidive et faciliter la réinsertion sociale de l'adolescent une fois la mesure terminée.

Jusqu'au 13 mai 2026, la peine prononcée contre VC représente l'une des décisions judiciaires les plus sévères qu'un adolescent puisse recevoir en Équateur pour le délit d'homicide.