L'ONG vénézuélienne Provea a exigé vendredi de l'Assemblée nationale un processus transparent pour la nomination des nouveaux chefs du Bureau du Procureur général et du Bureau du Médiateur du Venezuela. Dans la demande, ils ont demandé des entretiens ouverts et des mécanismes permettant aux citoyens de s'opposer aux postulats.
« La Loi du Pouvoir Citoyen exige la pluralité, mais elle n'est pas respectée, la Commission des Nominations a la majorité du PSUV lui-même, sans représentants des universités, de la société civile ou des syndicats, avec opacité », a noté l'organisation via x.
Provea a demandé que les barèmes, les curriculum vitae et les entretiens soient publiés, en plus de permettre des canaux permettant à la société de s'opposer aux candidats. Selon l’ONG, un processus fermé ne génère pas d’« autorités légitimes ».
« Le procureur général et le médiateur appartiennent aux citoyens. Leur élection ne peut pas se faire à huis clos », a-t-il souligné.
Le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, a exhorté mardi les autorités vénézuéliennes à garantir la transparence dans le processus d'élection du prochain procureur général et médiateur, dans un contexte marqué par des plaintes pour manque d'impartialité.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Ramdin a estimé que la nomination de nouvelles autorités offrant des « garanties d'indépendance » pourrait représenter un progrès vers « la réconciliation nationale et la transition démocratique » au Venezuela, après la capture de l'ancien dictateur Nicolás Maduro le 3 janvier.

Le processus de nomination d'un nouveau procureur et défenseur a débuté après la démission de Tarek William Saab et d'Alfredo Ruiz, tous deux liés au régime chaviste. Les démissions ont eu lieu au milieu de l'application de la loi d'amnistie, qui permet, en théorie, la libération des prisonniers politiques détenus depuis 1999, bien que la loi ne considère que 13 « événements » survenus au cours de 13 années différentes.
Le 27 mars, le Parlement vénézuélien a annoncé avoir reçu 21 nouvelles nominations : 18 pour le poste de médiateur et trois pour le poste de procureur général. Parmi les nouveaux candidats au poste de médiateur au Venezuela figure le journaliste Vladimir Villegas, frère de l'ancien ministre de la Culture Ernesto Villegas, qui s'était initialement également présenté pour le même poste mais s'est ensuite retiré du processus. L'ancien député de l'opposition Marialbert Barrios figure également sur la liste des candidats.
L'absence de désignations a motivé onze organisations non gouvernementales à dénoncer « l'absence de règles claires et publiques » sur la procédure et les critères d'évaluation pour l'élection des dirigeants des deux organisations.
Dans un communiqué publié le 24 mars, les ONG ont indiqué que le 25 février, une commission d'évaluation des candidatures avait été constituée, composée uniquement de députés en exercice, pour la plupart issus du parti au pouvoir, sans la participation de représentants d'autres secteurs de la société comme l'exige la Constitution et la loi.
Les organisations ont averti que cette formation « annule la pluralité et l'indépendance du processus » et suggèrent que la future nomination des autorités pourrait répondre à des critères de loyauté politique plutôt qu'à des critères de mérite professionnel, ce qui compromettrait l'autonomie du Bureau du Procureur général et du Bureau du Médiateur. Parmi les organisations signataires figurent Justicia, Encuentro y Perdón et Acceso a la Justicia.
Les ONG ont exhorté l'Assemblée nationale à garantir un processus de sélection permettant la nomination de personnes « indépendantes et compétentes » conformément à la Constitution et aux normes internationales.