Hier soir, jeudi 11 juin, la tranquillité de la municipalité de Jalapa a été brusquement interrompue par un violent incendie qui a consumé un entrepôt de l'entreprise Tabacalex. L'incident, qui a mobilisé les pompiers et la communauté locale, a laissé un bilan de pertes matérielles importantes s'élevant à 100 mille dollars américains, après la destruction d'une précieuse cargaison de 150 quintaux de tabac.
La propriété concernée, propriété du jeune homme d'affaires Obel Isaí Calix Blandón (également appelé Calix Rodríguez dans les rapports préliminaires), âgé de 33 ans, est située entre les limites du quartier El Lebanon et du quartier Luis Manuel Galeano. Ce qui a commencé comme une journée de travail normale a fini par devenir une urgence majeure qui menaçait de s’étendre aux maisons voisines.
Selon les enquêtes préliminaires menées par les experts des Pompiers Unis et de la Police Nationale, la catastrophe s'est produite alors que les travailleurs de l'entreprise effectuaient les tâches délicates de séchage du tabac. Pour ce processus, la chaleur générée par le charbon de bois placé sur des grilles métalliques a été utilisée. Les excédents de charbon étaient stockés dans des barils réduits de moitié au sein des mêmes installations.
La combinaison des facteurs de risque et des conditions météorologiques de la nuit dernière a créé le scénario parfait pour la tragédie :
- L'élément déclencheur : des rafales de vent ont fait jaillir des étincelles incandescentes d'un poêle ou d'un baril de stockage vers l'une des grilles de séchage situées du côté ouest de la propriété.
- Combustion initiale : Les étincelles sont entrées en contact direct avec les 150 quintaux de tabac, déclenchant une combustion rapide en raison de la nature sèche et hautement inflammable du matériau.
- L’effet domino : la chaleur extrême générée par la combustion du tabac a affecté une centrale électrique à essence, située à seulement 50 centimètres. La chaleur a fait fondre le tuyau relié au carburateur, provoquant une fuite massive de carburant.
Le drame s'est aggravé lorsque l'essence déversée a coulé sur le sol carrelé jusqu'à atteindre une zone où davantage de charbon était stocké, à environ deux mètres de l'usine. Cela a permis aux flammes de se propager violemment par rayonnement et par contact direct, engloutissant le reste de l'entrepôt en quelques minutes.
Face à l'ampleur de l'incendie, les pompiers unis se sont immédiatement rendus sur place. La solidarité des habitants de la zone a été immédiate : armés de seaux d'eau, les voisins ont collaboré au coude à coude avec les autorités pour refroidir les secteurs environnants et éviter que la catastrophe ne devienne absolue.
Ce malheureux incident met en évidence l’énorme vulnérabilité des usines de transformation du tabac et les graves impacts que subissent leurs infrastructures lorsqu’elles sont exposées à des températures élevées.
Les entrepôts de tabac, en particulier ceux où sont effectués des processus de maturation et de séchage artisanaux ou semi-industriels, abritent une charge calorifique extrêmement élevée. Le tabac en phase de séchage est une matière organique à faible teneur en humidité et à porosité élevée, ce qui lui permet de brûler extrêmement facilement et rapidement.

Si l’on ajoute à cela la présence de sources de chaleur directes (comme le charbon de bois dans les grils) et de fluides accélérateurs (comme l’essence des générateurs électriques), tout manquement aux distances de sécurité ou au confinement des étincelles se traduit par une catastrophe financière et opérationnelle imminente.
L'infrastructure de l'entrepôt de Tabacalex était composée de murs en briques, d'un sol carrelé et d'un toit en zinc soutenu par une structure mixte de bois et de billes métalliques. Des incendies de cette ampleur génèrent des conséquences critiques pour ces matériaux.