La Suisse a recommandé ce mardi d'éviter tout voyage au Venezuela qui ne soit pas strictement urgent et a prévenu que l'assistance consulaire pourrait être « fortement limitée » en raison de la situation interne du pays. La mise à jour a été publiée dans le système officiel d'information aux voyageurs du ministère suisse des Affaires étrangères et renforce l'avertissement en vigueur depuis les années précédentes.
Les autorités suisses ont indiqué que « les tensions sociales et politiques sont très fortes » et que l'évolution de la situation reste incertaine. Le communiqué souligne que « certaines liaisons aériennes ne sont pas garanties » et que les aéroports peuvent fermer temporairement sans préavis, un aspect qui, selon Berna, affecte directement la capacité d'assistance consulaire en cas d'urgence.
L'avis identifie plusieurs régions comme particulièrement à risque pour les visiteurs, notamment la frontière avec la Colombie, la frontière avec le Brésil, les zones de l'arc minier de l'Orénoque et le nord et l'est de l'État de Sucre. Ces territoires sont inclus depuis des années dans les avertissements aux voyageurs émis par différents gouvernements occidentaux en raison de problèmes de sécurité, de difficultés d'accès et d'une présence institutionnelle limitée, une classification que la Suisse maintient dans ses évaluations depuis au moins 2020.
L'avertissement suisse est publié dans un contexte marqué par de nouvelles turbulences dans le trafic aérien. Vendredi dernier, la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis a exhorté les pilotes à faire preuve d'une extrême prudence lorsqu'ils survolent le territoire vénézuélien et le sud de la mer des Caraïbes, invoquant les risques liés à la situation sécuritaire.

La mise à jour de la FAA a conduit à des suspensions temporaires de vols. La compagnie aérienne vénézuélienne Estelar a annulé ses services sur la liaison Caracas-Madrid-Caracas, invoquant des problèmes opérationnels avec son fournisseur. La compagnie vénézuélienne Laser a également annoncé la reprogrammation de ses vols vers Madrid pour des « raisons opérationnelles ». Ces interruptions s’ajoutent à l’histoire des difficultés qui affectent la connectivité aérienne du Venezuela depuis plus d’une décennie.
Outre les compagnies aériennes vénézuéliennes, plusieurs compagnies internationales ont annulé leurs vols vers Caracas ces derniers jours. Iberia, LATAM, Avianca, TAP, GOL et d'autres ont suspendu leurs opérations suite à l'avertissement de sécurité émis par la FAA, aggravant la crise de la connectivité aérienne du pays et renforçant les risques pour ceux qui envisagent de voyager.
En réponse, le régime de Nicolas Maduro a accordé un délai de 48 heures aux entreprises pour reprendre leurs activités. Ce délai a expiré ce mercredi sans que les autorités aient précisé si elles allaient révoquer les permis, appliquer des sanctions ou permettre la poursuite des suspensions. L’absence de communication officielle crée une incertitude pour les passagers, qui pourraient se retrouver sans possibilité de quitter immédiatement le pays.
Le durcissement de la mise en garde de la Suisse est également soutenu par les évaluations internationales de la situation vénézuélienne. Des rapports récents des Nations Unies, de l'Union européenne et de l'Organisation des États américains décrivent un scénario durable d'instabilité politique, de difficultés économiques et de problèmes de sécurité des citoyens. Même si chaque organisation traite des diagnostics différents, elles s'accordent toutes pour pointer un environnement complexe pour la mobilité des étrangers.
Les avis aux voyageurs émis par les gouvernements occidentaux sont souvent mis à jour lorsque coïncident des facteurs internes et externes qui augmentent le risque pour leurs citoyens. Dans le cas de la Suisse, les limitations du transport aérien, la possibilité de fermetures inattendues d'aéroports et la situation politique du pays ont été déterminantes pour renforcer l'avertissement.
Le ministère suisse des Affaires étrangères a rappelé que, dans des situations d'instabilité, la capacité d'assistance consulaire peut être limitée en raison du manque de moyens de transport, de pannes de communication ou d'obstacles opérationnels. Il a également précisé que la recommandation de ne pas voyager restera en vigueur jusqu'à ce que le pays retrouve un niveau acceptable de prévisibilité en termes de sécurité et de mobilité.
Cet avertissement place une fois de plus le Venezuela parmi les destinations classées à haut risque par les gouvernements européens. Pour la Suisse, les facteurs accumulés – volatilité politique, restrictions aériennes, difficultés d’accès et capacité consulaire limitée – justifient un message de prudence maximale à l’adresse de ses citoyens et renforcent le modèle de prudence adopté par d’autres pays de la région européenne dans leurs évaluations de voyages à Caracas.