L'ONG Justice, Rencontre et Pardon (JEP) a alerté jeudi sur la situation sanitaire critique de 91 prisonniers politiques au Venezuela, qui souffrent de « maladies graves » et sont confrontés, selon l'organisation, à une « détérioration physique progressive » en raison de ce qu'ils qualifient de « forme de violence structurelle ».
L’organisation a également identifié « plus de 20 prisonniers souffrant de maladies cardiaques », notamment de syndromes coronariens aigus, d’insuffisance cardiaque congestive, d’arythmies sévères et d’hypertension chronique, en plus de ceux touchés par le diabète et l’insuffisance rénale chronique.
Selon Tineo, certains souffrent « de lésions rénales irréversibles ou d’infections urinaires persistantes », nécessitant des cathéters urinaires en permanence, mais beaucoup « n’en reçoivent pas ou n’ont pas les ressources pour les acquérir ».
La JEP dénoncée sur le réseau social x le « refus systématique de soins médicaux, le non-respect des traitements et l’exposition à des conditions insalubres » dans les prisons vénézuéliennes, auxquels il a ajouté que ce contexte implique « une violation directe du droit à la vie et à l’intégrité personnelle ».
En ce sens, il a averti que la « détérioration physique progressive » des détenus « n’est pas un effet collatéral, mais une forme de violence structurelle ».

« Lorsque l'État transforme la maladie en punition et la négligence en méthode, un scénario de torture silencieuse se crée qui exige une réponse urgente de la part des organisations nationales et internationales de défense des droits humains », a déclaré l'ONG.
Selon les chiffres du JEP, il y a actuellement 1.084 prisonniers politiques au Venezuela, un chiffre supérieur à celui rapporté par le Forum Pénal, la principale organisation dédiée à la défense de ces détenus, qui recense 893 cas. Le régime chaviste affirme, pour sa part, qu’il n’y a pas de prisonniers politiques dans le pays et affirme que tous les détenus ont commis des crimes de droit commun.
« Le nombre de 42 citoyens étrangers et 49 ayant la double nationalité détenus pour des raisons politiques révèle non seulement l'extension internationale du schéma répressif, mais aussi le risque diplomatique et humanitaire », ajoute le communiqué de l'ONG.
Au niveau international, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a dénoncé devant le Conseil des droits de l'homme à Genève le fait que les milices bolivariennes liées au régime de Nicolas Maduro recruteraient de force des adolescents.
Selon la mise à jour de son rapport, Türk a averti que la situation dans le pays ne s'est pas améliorée depuis juin et que de graves restrictions aux droits fondamentaux tels que la liberté d'expression et de réunion pacifique persistent, ajoutées aux cas d'arrestations arbitraires, de disparitions forcées et à une grave crise socio-économique.

Le responsable a également mis en garde contre l'adoption, en septembre et novembre, de nouvelles lois d'urgence par la dictature vénézuélienne, dont le contenu n'a pas été publié. Ces réglementations, qui accordent à l'exécutif des « pouvoirs d'urgence élargis en cas de menaces extérieures », empêchent tout contrôle indépendant et ne peuvent être évaluées quant à leur compatibilité avec le droit international car elles restent secrètes.
Türk a souligné que la militarisation de la vie publique au Venezuela continue de s'intensifier, ce qui augmente le risque de violence et restreint de plus en plus l'espace civique. Son bureau a notamment reçu des informations faisant état d’un « enrôlement sous la contrainte dans les milices bolivariennes », une pratique qui touche aussi bien les mineurs que les personnes âgées, qu’il considère comme une situation particulièrement alarmante pour le droit international humanitaire.