L'ancien président équatorien Lenín Moreno a interrogé la Cour constitutionnelle et soutenu Jamil Mahuad après le rejet de son appel

L'ancien président Lenín Moreno est intervenu dans le débat public sur le cas de Jamil Mahuad avec un message qui a ravivé les tensions politiques autour des récentes décisions de la Cour Constitutionnelle (CC). A travers une déclaration publiée sur son

Moreno a ouvert sa déclaration avec une expression directe de solidarité sans nuances. Pour lui, la procédure suivie par la Cour Constitutionnelle laisse non seulement subsister des problèmes de procédure, mais laisse également entrevoir des signes de manque d'ouverture. L'ancien président a mis en doute le fait que Mahuad n'avait pas été entendu lors d'une audience et que ses demandes n'avaient pas reçu de réponse formelle. De leur point de vue, cette absence d’arguments contrastés crée un scénario qui peut être interprété comme un affaiblissement de la confiance des citoyens dans la justesse institutionnelle des procédures.

L'ancien président a également porté son inquiétude sur la manière dont la Cour organisait son agenda interne. Selon lui, le fait qu'une résolution de cette envergure ait été discutée lors d'une séance où le cas ne figurait pas comme point prévu augmente la perception que la décision a été adoptée dans un cadre d'urgence ou sous pression politique. Dans son message, Moreno a souligné que ce type d'action pourrait être interprété comme une réaction motivée par des calculs institutionnels plutôt que par le devoir de garantir les droits constitutionnels.

Le tweet de Lenín Moreno.

L'arrêt de la Cour constitutionnelle, rendu le 11 décembre, a conclu que le droit à une procédure régulière n'avait pas été violé dans l'arrêt qui a ratifié la responsabilité pénale de Mahuad. Dans son analyse, le tribunal a estimé que l'autorité judiciaire chargée de trancher le cassation avait expliqué les fondements normatifs et justifié la relation entre ceux-ci et les faits examinés. Il a ainsi exclu qu'il y ait des déficiences dans la motivation de la peine, ce qui a fermé la possibilité d'un contrôle constitutionnel.

Ce résultat marque la fin d'un processus qui avait été réactivé des semaines auparavant, lorsqu'un juge constitutionnel avait ordonné la collecte d'informations actualisées auprès de la Cour nationale de justice. L'objectif était d'évaluer si les arguments de la défense justifiaient la convocation d'une audience publique avant de prendre une décision. Cependant, l'analyse n'en est pas arrivée là : le tribunal a considéré que la décision contestée ne violait pas les garanties et a rejeté l'appel.

La position de Moreno introduit une nuance politique dans un dossier qui, depuis des années, traverse principalement le domaine juridique. Le soutien à Mahuad – qui vit hors du pays depuis plus de deux décennies et dont la conviction reste ferme – intervient à un moment où l’indépendance des organes judiciaires est sous le contrôle du public. Les déclarations de l'ancien président ne font pas référence au contenu criminel du processus, mais à la méthodologie avec laquelle la Cour a traité ce dernier appel, soulignant que la transparence dans la délibération est aussi importante que le contenu des résolutions elles-mêmes.

Jamil Mahuad, ancien président de

Même si l'intervention de Moreno ne modifie pas le statut judiciaire de l'ancien président, elle influence le débat public sur le fonctionnement du système constitutionnel. Ses critiques s'ajoutent à un environnement politique dans lequel certains secteurs ont exprimé des inquiétudes quant à la manière dont la Cour administre les affaires sensibles.

L'affaire Mahuad continue d'être l'un des épisodes les plus controversés de l'histoire récente du pays, non seulement en raison de ses implications économiques et sociales, mais également en raison de la longueur du processus judiciaire. La confirmation de la sentence et la conclusion du recours constitutionnel ne clôturent pas les interprétations politiques qui émergent du processus.