En pleine tension avec les États-Unis, Nicolás Maduro a rencontré à Caracas l'envoyé spécial de la Chine

Le dictateur du Venezuela, Nicolás Maduro, a tenu une réunion ce lundi à Caracas avec Qiu Xiaoqi, envoyé spécial du président chinois Xi Jinping, dans un contexte marqué par des tensions croissantes avec les États-Unis. La rencontre, qui s'est tenue au Palais de Miraflores et retransmise par la chaîne nationale Venezolana de Televisión (VTV), en présence également de la vice-présidente exécutive, Delcy Rodríguez, du chancelier Yván Gil et de l'ambassadeur de Chine Lan Hu. Comme indiqué VTVl'objectif principal était de revoir les liens de coopération bilatérale, basés sur plus de 600 accords en vigueur entre les deux nations.

Le régime chinois a exprimé à plusieurs reprises son rejet du déploiement aéronaval américain dans les Caraïbes, qui a débuté en août dernier près des eaux vénézuéliennes, sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue. Pékin considère que cette opération viole le droit international, notamment après la saisie de deux pétroliers transportant du brut vénézuélien.

Lors d’une conférence de presse le 22 décembre, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré que son pays « s’oppose systématiquement aux sanctions unilatérales illégales qui n’ont aucun fondement en droit international et n’ont pas l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations Unies ». En outre, il a affirmé que « le Venezuela a le droit de développer de manière indépendante une coopération mutuellement avantageuse avec d'autres pays » et a affirmé que la communauté internationale « comprend et soutient la position du Venezuela dans la sauvegarde de ses droits et intérêts légitimes ».

Pour sa part, l’administration Maduro a qualifié la réunion de « haut niveau » et a noté qu’elle s’était tenue « dans l’intérêt de consolider le nouvel ordre mondial multipolaire ». Au cours de la réunion, Maduro a remercié Xi Jinping pour sa « fraternité en tant que frère aîné et son message fort en tant que leader du monde ».

Caracas a souligné que la visite met en évidence l'importance stratégique que la Chine attache à ses relations avec le Venezuela, « non seulement en tant que partenaire commercial et énergétique, mais en tant qu'allié politique fondamental dans la région ». Les relations diplomatiques, établies en 1974 et « élevées à un niveau historique » par les anciens présidents Hugo Chávez et Jiang Zemin, ont été considérées par Caracas comme « un pilier de la paix régionale et un modèle de coopération mutuelle ».

Nicolas Maduro. EFE/Miguel Gutiérrez

Pendant ce temps, les tensions avec les États-Unis continuent de monter. Vendredi dernier, le président américain Donald Trump a annoncé une attaque contre une « grande installation » dans le cadre de sa campagne contre un prétendu réseau de trafic de drogue dirigé, selon Washington, par le gouvernement vénézuélien. Trump n'a toutefois pas précisé si l'attaque avait eu lieu sur le territoire vénézuélien et a seulement précisé lundi qu'elle s'était déroulée sur un quai, sans préciser le lieu. Il New York Times a rapporté que la Central Intelligence Agency (CIA) avait mené la semaine dernière une attaque de drone contre une installation portuaire au Venezuela.

Les États-Unis ont intensifié leurs opérations dans les Caraïbes et dans l'océan Pacifique, en lançant des bombardements contre des bateaux soupçonnés de drogue, ce qui a fait plus de 100 morts ces derniers mois, selon la presse vénézuélienne, et ont même menacé d'invasion sous prétexte de lutte contre la drogue. Jeudi, dans une interview, Maduro a déclaré que le système défensif vénézuélien « a garanti et garantira l'intégrité territoriale » du pays, sans toutefois confirmer ni nier la prétendue attaque terrestre.