La Cour Constitutionnelle a admis les poursuites contre deux lois économiques urgentes de Daniel Noboa

La Cour constitutionnelle de l'Équateur a admis avoir traité deux procès d'inconstitutionnalité intentés contre des lois approuvées par l'Assemblée nationale sur la base de projets qualifiés d'urgents en matière économique par le président Daniel Noboa. Il s'agit des affaires 118-25-IN, relatives à la Loi Organique de Transparence Sociale, et 160-25-IN, concernant la Loi de Renforcement et de Durabilité du Crédit, toutes deux publiées en 2025 et transmises par l'Exécutif selon la procédure abrégée prévue par la Constitution.

Dans l'affaire 118-25-IN, la Chambre d'Admission a pris connaissance le 4 février 2026 et a décidé d'admettre l'action publique d'inconstitutionnalité en raison de la forme contre la Loi Organique de Transparence Sociale. Le plaignant soutient que la loi viole le principe d'unité de la matière en incluant des dispositions de réforme dans les domaines fiscal et minier qui, à son avis, ne sont pas liées à l'objet principal de la loi. Dans son procès, il affirme que l'intégration des réformes sur les dividendes, les bénéfices non distribués et les phases d'exploration minière aurait dépassé l'axe thématique du projet initial, affectant les articles 82, 136, 137 et 424 de la Constitution.

Le tribunal d'admission a estimé que les accusations présentées respectent les exigences formelles et argumentatives prévues par la Loi Organique de Garanties Juridictionnelles et de Contrôle Constitutionnel (LOGJCC), notamment en ce qui concerne la clarté et la pertinence des arguments relatifs à la prétendue violation constitutionnelle. En conséquence, il a ordonné le transfert à la Présidence de la République, à l'Assemblée Nationale et au Parquet Général de l'État afin que, dans un délai de quinze jours, ils puissent intervenir pour défendre ou contester la constitutionnalité de la norme.

Plusieurs ONG ont présenté les actions

Pour sa part, dans le cas 160-25-IN, le Tribunal a admis avoir instruit l'action publique d'inconstitutionnalité présentée par la Fondation Consultative Régionale des Droits de l'Homme (INREDH) contre des dispositions spécifiques de la Loi de Renforcement et de Durabilité du Crédit. Le procès est dirigé, sur le fond, contre les réformes introduites dans la loi de la Banque de l'Institut équatorien de sécurité sociale (BIESS) et dans la loi de sécurité sociale.

Parmi les points remis en question figurent les dispositions qui permettent à BIESS de réaliser des opérations de pension, de gérer des prêts auprès d'entités financières nationales ou étrangères et de nantir une partie de son portefeuille d'investissement, ainsi que la possibilité de vendre le portefeuille en souffrance. La plaignante soutient que ces mesures pourraient affecter l'intangibilité des fonds et réserves de la sécurité sociale, protégés par l'article 372 de la Constitution, et compromettre le droit à la sécurité sociale reconnu à l'article 34. De même, elle conteste la réforme qui modifie le mécanisme de nomination du représentant de la fonction exécutive au Conseil d'administration de l'IESS et la règle qui attribue à l'IESS elle-même la détermination du budget pour le processus électoral de ses représentants.

La Chambre d'admission a vérifié que la réclamation est conforme aux exigences de l'article 79 du LOGJCC et que les accusations portées permettent, dans la phase de justification, de soulever des problèmes juridiques quant à la compatibilité des normes contestées avec la Constitution. Pour cette raison, il a décidé d'admettre l'affaire sans impliquer de déclaration sur le fond. Dans les deux affaires, la Cour a souligné que l’admission à la procédure ne constitue pas un préjugé.

Le président de l'Équateur, Daniel

Dans l'affaire 160-25-IN, le tribunal a également rejeté la demande de mesures conservatoires visant à suspendre provisoirement les dispositions contestées, estimant que les arguments présentés ne prouvaient pas suffisamment les exigences de plausibilité, d'imminence et de sérieux requises par le LOGJCC.

Avec ces décisions, la Cour Constitutionnelle ouvre la phase de justification de deux processus qui remettent en question la validité formelle et matérielle des lois traitées dans le cadre du mécanisme d'urgence économique, ce qui rouvre le débat sur les limites de la procédure législative abrégée et la portée des réformes financières et de sécurité sociale promues par l'Exécutif.