Le procureur panaméen enquête sur les crimes sexuels et la corruption de mineurs après la diffusion de vidéos au Carnaval

Le Parquet Métropolitain du Ministère Public a ouvert des enquêtes pour des délits présumés de corruption de mineurs et d'exploitation sexuelle commerciale après la circulation sur les réseaux sociaux de vidéos enregistrées pendant les activités du Carnaval qui montreraient des comportements susceptibles de porter atteinte à l'intégrité des mineurs et des femmes adultes.

Les démarches sont effectuées par la Section Soins Primaires, qui agit aussi bien sur les plaintes formelles que sur les informations diffusées sur les plateformes numériques.

Selon l'annonce officielle, les enquêtes proviennent de matériel audiovisuel qui montre des épisodes survenus dans diverses régions du pays, principalement lors d'événements musicaux et de célébrations publiques où se déroulaient des dynamiques qui s'intensifiaient en présence de mineurs.

Les autorités ont indiqué que l'objectif est d'identifier les responsabilités pénales, de protéger les victimes et d'éviter les processus de revictimisation au cours du déroulement des enquêtes.

L'un des cas qui a généré le plus grand impact s'est produit à Caimitrillo, dans le nord de Panama, où un concours lié à une activité festive s'est terminé par une exhibition sexuelle devant le public, une situation qui a été filmée et largement diffusée.

Corruption de mineurs

L'épisode, initialement présenté comme un concours de carnaval, a donné lieu à un spectacle qui, selon les autorités, pourrait constituer un comportement punissable impliquant des mineurs et l'exposition publique de contenus sexualisés.

Dans le cadre juridique panaméen, le délit de corruption de mineurs est classé dans le Code pénal et punit toute personne qui incite, promeut ou facilite un comportement sexuel chez des mineurs ou leur participation à des actes à caractère sexuel, même sans contact physique.

Les sanctions peuvent inclure la privation de liberté et des mesures aggravées, notamment lorsque les événements se produisent dans l'espace public, lors d'événements de masse ou par diffusion numérique.

L’exploitation sexuelle commerciale, quant à elle, englobe les situations dans lesquelles une personne est utilisée à des fins sexuelles en échange d’avantages économiques ou matériels, directement ou indirectement.

La législation panaméenne prévoit des sanctions sévères, avec des circonstances aggravantes lorsque la victime est mineure, lorsqu'il y a profit ou lorsque les faits se produisent dans des contextes de vulnérabilité sociale. Les autorités peuvent également poursuivre la diffusion de contenus à caractère sexuel avec des mineurs, ainsi que la promotion de ce type de pratiques sur les réseaux sociaux.

Le ministère public a ouvert une enquête

L'analyse des cas comprend l'examen de vidéos, de témoignages, de plaintes et de matériel numérique, ainsi que l'identification des organisateurs d'événements et d'éventuels responsables de la promotion de dynamiques inappropriées. La procédure vise à déterminer l'existence d'un comportement criminel et à établir la participation individuelle de chaque personne impliquée, à un processus pouvant conduire à des accusations formelles.

Les enquêtes ne se limitent pas à un seul incident, mais couvrent différents épisodes enregistrés pendant les festivités, ce qui reflète une stratégie globale de surveillance des situations pouvant affecter la protection des mineurs. Les autorités ont rappelé que tout contenu exposant des mineurs dans des contextes sexualisés fera l'objet d'une enquête pénale, même s'il est présenté sous couvert de divertissement ou de concours festifs.

L'annonce des enquêtes intervient au milieu du reste des célébrations du Carnaval, une période au cours de laquelle les autorités ont déployé des opérations de sécurité et de surveillance dans différentes parties du pays.

Au cours de l'année 2025, le ministère public a enregistré 440 plaintes pour corruption de mineurs, exploitation sexuelle commerciale et autres comportements associés, dans le cadre des délits contre la liberté et l'intégrité sexuelles.

Panama et Panama Oeste concentrés

Ces chiffres font partie d'un total de 6.273 plaintes pour délits sexuels dans tout le pays, ce qui reflète la persistance de ce type d'incidents dans le pays et le poids spécifique que conservent les cas impliquant des mineurs.

Sur le total des plaintes liées à ce chapitre, 310 correspondaient au délit de corruption de mineurs, tandis que 14 cas concernaient l'exploitation sexuelle commerciale et d'autres processus étaient liés à la pédopornographie, à la possession de matériel illicite et au comportement d'omission concernant ces délits.

Le rapport montre que la corruption de mineurs continue d'être la principale modalité d'investigation au sein de cette catégorie pénale.

En termes territoriaux, les statistiques montrent que la plus grande concentration de plaintes a été enregistrée dans la première circonscription judiciaire, avec 301 cas liés à la corruption de mineurs et à l'exploitation sexuelle, suivie par la troisième circonscription judiciaire avec 70 procédures.

Au niveau provincial, Panama et Panama Oeste sont en tête de l'incidence de ce type de criminalité, ce qui coïncide avec les zones de plus grande densité de population et d'activité urbaine.

La comparaison d'une année sur l'autre révèle également que, même si le nombre total de plaintes pour délits sexuels a enregistré une réduction de 5% entre 2024 et 2025, les cas de corruption de mineurs ont augmenté de 9% et d'exploitation sexuelle de 17%, ce qui renforce l'inquiétude des autorités quant à l'évolution de ces délits et la nécessité de renforcer les actions de prévention et d'enquête.