Le gouvernement de Donald Trump a délivré vendredi une licence autorisant les entreprises américaines à acheter, transporter et revendre de l'or vénézuélien, assouplissant ainsi les sanctions précédemment imposées sur l'exploitation et la commercialisation de cette ressource par le Venezuela. Le permis, publié sur le site Internet du Département du Trésor des États-Unis, permet des transactions avec la Société générale minière du Venezuela (Minerven) et ses filiales, à condition que l'or soit traçable et ne soit pas destiné à des pays sanctionnés comme l'Iran, la Corée du Nord, la Russie, la Chine ou Cuba.
L'autorisation, connue sous le nom de General License 51, permet également aux entreprises basées aux États-Unis de réexporter le métal précieux. Le processus comprend l'obligation de canaliser les paiements destinés aux entités vénézuéliennes sanctionnées via un fonds spécifique, contrôlé par le Trésor américain et actuellement situé au Qatar. Le même mécanisme de supervision financière s’applique déjà aux exportations de pétrole vénézuélien, dont les ventes et les taxes associées doivent entrer dans ce fonds sous contrôle américain.
Le document officiel établit que les contrats dérivés de ces opérations seront régis par les lois américaines et tout litige devra être résolu devant les tribunaux de ce pays. En outre, l'autorisation couvre les services de logistique, d'assurance et de transport liés au commerce de l'or vénézuélien, ouvrant ainsi la porte à un éventail plus large d'activités commerciales sous la juridiction des États-Unis.
L'assouplissement des sanctions sur l'or vénézuélien intervient après la chute de Nicolas Maduro au début de l'année, résultat d'une incursion des forces spéciales américaines qui s'est terminée le 3 janvier par l'arrestation de l'ancien président et de son épouse, transférés ensuite à New York pour faire face à des accusations de trafic de drogue. À la suite de ces événements, le gouvernement Trump a affirmé qu’il administrait de facto le Venezuela et supervisait ses ressources naturelles, notamment le pétrole, l’or, les diamants, la bauxite et le coltan.
La décision a été rendue publique après la visite officielle de Doug Burgum, secrétaire de l'Intérieur des États-Unis, qui a conclu jeudi un séjour de deux jours à Caracas. Au cours de sa visite, Burgum a rencontré le président par intérim Delcy Rodríguez, ancien vice-président de Maduro, et a annoncé que des dizaines d'entreprises américaines avaient exprimé leur intérêt pour investir dans le secteur minier vénézuélien. Burgum était accompagné de représentants du secteur minier, qui ont apprécié l'opportunité d'établir des opérations au Venezuela dans le nouveau cadre juridique.
Ce vendredi, après la visite de Burgum et l'annonce de la licence, les deux gouvernements ont fait état du rétablissement des relations diplomatiques entre les États-Unis et le Venezuela, interrompues depuis 2019 lorsque Washington a reconnu Juan Guaidó comme président par intérim. Ce rétablissement coïncide avec le deuxième mois de l’opération qui a conduit à la capture de Maduro.
Au Venezuela, le président de l'Assemblée nationale, le chaviste Jorge Rodríguez, frère de l'actuel président par intérim, a rapporté cette semaine que la loi minière était en cours de révision en vue d'une réforme urgente. L'objectif est d'ouvrir le secteur aux investissements étrangers, à l'instar de la loi sur les hydrocarbures et du secteur pétrolier, qui admet déjà les capitaux internationaux sous certaines conditions.
La nouvelle politique américaine stipule que les entreprises intéressées à opérer avec l’or vénézuélien doivent se conformer à des contrôles stricts de traçabilité et éviter toute relation commerciale avec les pays sanctionnés par Washington. Le processus vise à garantir que l’or exporté provient de sources légitimes et que les bénéfices sont acheminés sous supervision internationale.
Ces mesures représentent un changement significatif dans la position des États-Unis à l’égard du Venezuela après le renversement de Maduro et le début de l’administration intérimaire de Delcy Rodríguez. Le secteur minier vénézuélien, connu pour sa richesse en minéraux stratégiques pour l’industrie technologique mondiale, s’ouvre ainsi à de nouveaux investissements et opérations sous contrôle américain, dans un contexte de normalisation diplomatique et d’ajustements juridiques internes.