Le tribunal de la République dominicaine condamne trois Vénézuéliens à 15 ans de prison pour trafic d'êtres humains

Un tribunal de la République dominicaine a condamné lundi à 15 ans de prison trois citoyens vénézuéliens pour trafic illicite de migrants, traite d'êtres humains et exploitation sexuelle de quatre femmes colombiennes.

Les victimes ont été recrutées sur Internet grâce à de fausses offres d'emploi et transférées dans ce pays des Caraïbes, où elles ont appris qu'elles devaient 4 000 dollars, une somme que les accusés leur ont demandé de payer en fournissant des services sexuels. Les femmes ont ensuite été annoncées sur des listes numériques envoyées aux clients via l'application. WhatsAppselon les informations fournies par le parquet dominicain.

Les autorités ont démantelé l'organisation en 2024 après avoir perquisitionné la maison où les crimes avaient été commis et saisi les stupéfiants utilisés dans les opérations. Le tribunal pénal de Saint-Domingue a validé les preuves présentées par l'accusation, notamment la saisie des substances et les mécanismes de capture et d'exploitation.

Les condamnés, Michelle Carolina Gutiérrez Ruiz, Mario José May Mendoza et Jhorman Derek Cortes Solano, étaient détenus depuis l'année dernière, lorsque le parquet dominicain est intervenu et a empêché la poursuite des activités criminelles.

Le bureau du procureur général

La République dominicaine a été promue en 2025 au niveau 2 du classement international de lutte contre la traite des êtres humains grâce à un ensemble de réformes et d'actions récentes. Les efforts accrus du gouvernement ont inclus des modifications juridiques et une augmentation des inspections et des plaintes, mais de graves lacunes subsistent, notamment en matière de protection des victimes et d'identification des cas de traite de main-d'œuvre. Selon le rapport 2025 sur la traite des personnes du Département d'État américain, l'État dominicain est confronté au défi de combler les écarts qui continuent d'exposer certaines populations à l'exploitation et à la vulnérabilité.

Parmi les avancées qui ont justifié la promotion du pays au niveau 2, le rapport souligne l'amendement à la loi 137-03, qui a supprimé l'exigence de prouver l'existence de la force, de la fraude ou de la coercition dans les délits de traite impliquant des mineurs. Cette disposition s'applique spécifiquement aux cas d'exploitation sexuelle des enfants, l'une des formes de délits les plus graves. En outre, le gouvernement a multiplié les enquêtes et les poursuites, notamment contre des responsables présumés impliqués dans des délits de traite.

Au cours du dernier cycle d'inspection du travail, les autorités ont suspendu les activités de plusieurs entreprises chinoises après avoir détecté des indicateurs évidents de travail forcé. De même, un Plan d'action national (PAN) 2025-2028 a été approuvé, qui fixe l'orientation des politiques publiques en la matière pour les années à venir. Dans le cadre de ces efforts, le gouvernement a lancé un programme pilote pour l'enregistrement formel des travailleurs migrants sous contrat, dans le but de promouvoir la liberté de mouvement et de réduire leur vulnérabilité à l'exploitation du travail.

L'État péruvien n'alloue que S/

Parallèlement, les inspections du travail ont augmenté en fréquence et en portée, principalement dans les secteurs marqués par un risque élevé de travail forcé. Le gouvernement a également recensé un nombre de victimes plus élevé que l'année précédente, selon les données recueillies dans le rapport.

Malgré ces progrès, le rapport souligne que l'identification des victimes de la traite des travailleurs reste une question en suspens. L’augmentation des inspections et des poursuites ne s’est pas traduite par une attention suffisante aux personnes exploitées dans les secteurs du travail forcé. La réponse de l’État aux enquêtes sur les cas de traite de main-d’œuvre a été limitée, même dans les zones où le risque est élevé.

L’une des plus grandes faiblesses constatées est le manque de fourniture de documents d’identité aux apatrides qui satisfont aux exigences légales du pays. Cette omission augmente leur exposition à des situations de traite et d’exploitation. Par ailleurs, le manque de services adéquats pour toutes les victimes et la mauvaise détection des populations vulnérables ont restreint les possibilités de localisation et d'identification des personnes exploitées avant leur expulsion du territoire national.

Le rapport sur la traite des êtres humains 2025 conclut que, même si la République dominicaine a accru sa réponse avec des réformes juridiques, des inspections et des programmes pilotes pour les travailleurs migrants, l'État doit renforcer ses mécanismes de protection, en particulier pour les victimes de la traite des travailleurs et les apatrides, afin d'atteindre les normes internationales minimales en termes de droits de l'homme et d'éradication de la traite.