En pratique, cette décision obligera à remplacer les 412 membres de la brigade cubaine – dont 333 médecins et le reste du personnel technique et administratif – dans les hôpitaux et postes de santé répartis dans 16 départements. Le plan préparé par le ministère guatémaltèque de la Santé prévoit que le départ se fera de manière échelonnée entre avril et décembre, avec des postes vacants dans des spécialités critiques telles que la pédiatrie et l'obstétrique.
L'impact de la sortie se fera particulièrement sentir dans les zones rurales difficiles d'accès, comme Alta Verapaz, Huehuetenango et San Marcos. Dans ces territoires, les médecins cubains ont principalement exercé la médecine générale et la gynécologie, tâches pour lesquelles, selon Castellanos, le pays manquait de capacité dans les années 1990.
La coopération médicale entre Cuba et le Guatemala a débuté en 1998, après le passage de l'ouragan Mitch, qui a fait près de 300 morts dans ce pays d'Amérique centrale. Depuis, les accords ont établi des périodes de permanence de trois ans pour les médecins et de deux ans pour le personnel technique cubain.

La pertinence opérationnelle de la brigade cubaine se reflète dans le témoignage de María Elena Barrero Aguilar, ophtalmologiste cubaine, qui décrit : « Hier, cent patients ont été vus et quinze ont été opérés… nous faisons cela quotidiennement » en faisant référence au rythme de travail de ses collègues au Guatemala. Barrero a exprimé sa satisfaction de « rendre la santé au peuple guatémaltèque », tout en admettant qu’elle et ses collègues devront « faire leurs valises et retourner prématurément sur l’île ».
Le retrait progressif de la brigade cubaine culminera fin 2024, après 28 ans de collaboration sanitaire permanente entre le Guatemala et Cuba.