Moins de 50 % des adolescents du Triangle du Nord terminent leurs études secondaires, selon un rapport

Moins de la moitié des adolescents du Honduras et du Guatemala parviennent à terminer leurs études secondaires, selon la Coalition espagnole de la Campagne mondiale pour l'éducation (CME). Cette organisation prévient que l'urgence éducative dans le Triangle du Nord menace de perpétuer les cycles de pauvreté et de déplacements forcés si des réformes fondamentales ne sont pas mises en œuvre.

Dans le cas du Honduras, seulement 24,9 % des élèves ont accédé à l'enseignement secondaire en 2023, tandis que plus de 846 000 mineurs sont restés en dehors du système éducatif, selon le CME. De son côté, le Salvador a un taux d'achèvement de 60%, ce qui, bien que supérieur à celui de ses voisins, montre l'ampleur de la crise régionale.

El Salvador enregistre un taux

Le document prévient que le manque d'accès à l'éducation contribue à entretenir les cycles de pauvreté et limite l'insertion professionnelle et sociale de milliers de jeunes. Selon le CME, 14% de ceux qui migrent dans la région sont des enfants et des adolescents, dont beaucoup ont vu leur scolarité interrompue et manquent de mécanismes efficaces pour reprendre leurs études lors de la migration, du retour ou de la demande d'asile.

La situation est encore plus complexe pour les filles, les adolescentes et les populations autochtones. Le rapport précise que 20 % des femmes migrantes sont des filles ou des adolescentes, et que plus de la moitié migrent pour des raisons de protection contre la violence sexuelle, une grossesse précoce ou une surcharge de soins familiaux, facteurs qui augmentent le décrochage scolaire. L’étude souligne : « Ce n’est pas la même chose d’être une adolescente qu’une adolescente, une autochtone, une rapatriée… ce sont toutes des couches qui ajoutent à la vulnérabilité et limitent leur accès à l’éducation. »

Des jeunes aux trajectoires migratoires diverses cohabitent dans les salles de classe : rapatriés, migrants, réfugiés ou autochtones. Le CME souligne que le manque d'information sur les besoins spécifiques de ces élèves rend le travail des enseignants difficile.

14% des

Parmi les propositions de la Coalition espagnole de la CME figurent le renouvellement du modèle de gouvernance éducative, le financement pluriannuel et l'amélioration de la coordination entre les acteurs étatiques, humanitaires et sociaux. Le rapport exige également des systèmes d’indicateurs intégrant les dimensions de protection, de développement et de paix pour une meilleure planification.

L’un des principaux obstacles détectés est le manque de données précises sur les adolescents en situation de mobilité ou de retour forcé. Le document souligne : « Il n’existe pas de données, on ne sait pas exactement ce qui se passe dans les salles de classe », ce qui rend difficile l’élaboration de politiques et aggrave l’exclusion des plus vulnérables.

Le CME conclut que garantir l’éducation des adolescents mobiles dans le Triangle du Nord est essentiel pour briser les cycles de l’exclusion et du déplacement. Si les systèmes éducatifs et les politiques de protection de l’enfance ne sont pas transformés, la région court le risque de consolider la vulnérabilité générationnelle et de perpétuer la pauvreté et les déplacements forcés.