Le gouvernement du Venezuela a repris le contrôle de son siège diplomatique aux États-Unis, comme l'ont rapporté samedi des responsables envoyés par la présidente par intérim Delcy Rodríguez en visite officielle à Washington.
Le chargé d'affaires du Venezuela pour les États-Unis, Felix Plasencia, a déclaré que son gouvernement a « récupéré » les bâtiments consulaires vénézuéliens et que ceux-ci seront « réhabilités » pour les mettre au service de « tous les Vénézuéliens ».
La publication via xdans lequel on annonçait la réouverture du siège diplomatique, incluait des images de Plasence, accompagnée du vice-ministre pour l'Europe et l'Amérique du Nord, Oliver Blanco, et d'autres responsables vénézuéliens dans le bâtiment de la résidence de l'ambassadeur du Venezuela aux États-Unis.
Washington a pris le contrôle temporaire de l'ambassade et des bâtiments consulaires du Venezuela en 2023 après la dissolution du « gouvernement intérimaire » dirigé par l'opposition Juan Guaidó, que les États-Unis ont reconnu comme président légitime du Venezuela. Le Département d'État américain n'a pas encore officiellement confirmé le transfert.
La réouverture de l'ambassade et des bureaux consulaires faciliterait les démarches pour près d'un million de migrants vénézuéliens résidant aux États-Unis, leur permettant, entre autres démarches, d'obtenir ou de renouveler des passeports.

Cette annonce intervient quelques jours après que l'administration de Donald Trump a assoupli les sanctions imposées au Venezuela pour faciliter la réouverture de l'ambassade, dans le cadre du rétablissement des relations bilatérales.
Le Département du Trésor des États-Unis a délivré une licence qui élimine certaines restrictions sur les missions vénézuéliennes aux États-Unis et sur les représentations du pays des Caraïbes auprès des organisations internationales basées sur le territoire des États-Unis.
Après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier à Caracas, l’administration Trump et le gouvernement intérimaire de Delcy Rodríguez se sont rapprochés. Début mars, les deux pays ont officiellement rétabli leurs relations diplomatiques, interrompues depuis 2019.
A cette occasion, le Département d'État des États-Unis a annoncé, par le biais d'un communiqué officiel, que les États-Unis et les autorités intérimaires du Venezuela étaient convenus de rétablir les relations diplomatiques et consulaires. Le texte note que cette décision vise à faciliter « les efforts conjoints pour promouvoir la stabilité, soutenir la reprise économique et faire progresser la réconciliation politique au Venezuela ».
La feuille de route définie par Washington envisage trois phases : stabilisation, reprise et transition démocratique.
L'ambassade américaine a rouvert ses portes à Caracas après des années de fermeture, tandis que le Venezuela a nommé Félix Plasencia comme représentant diplomatique auprès des États-Unis. La chargée d'affaires Laura Dogu est arrivée à Caracas fin janvier pour relancer la mission diplomatique nord-américaine dans ce pays sud-américain.
Cette semaine, Dogu a tenu une réunion à Caracas avec une délégation d'investisseurs et d'entreprises américains intéressés à explorer les opportunités dans le pays. Il s'agit de la première rencontre de ce type depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre Washington et Caracas, début mars.
La mission diplomatique américaine a rapporté la rencontre via ses réseaux sociaux. La responsable a souligné que l'entretien lui a permis de connaître les opportunités qu'offre le Venezuela dans le contexte politique et économique actuel.
« Le secteur privé américain jouera un rôle fondamental dans la construction d'un Venezuela stable et prospère », a déclaré le diplomate. Il a ajouté que la mission nord-américaine vise à soutenir la croissance des investissements dans le pays, sans toutefois donner de détails sur les entreprises participantes ni sur les secteurs concernés.
La réunion a coïncidé avec la promesse de la présidente en charge du Venezuela, Delcy Rodríguez, qui a assuré devant un forum mondial d'investissement à Miami que son gouvernement approuverait des lois pour garantir le retour des capitaux étrangers « indépendamment des alternances politiques ».