L'Équateur a annulé plus de deux mille diplômes universitaires décernés par le Nicaragua

L’annulation de plus de 2 700 diplômes universitaires délivrés par une institution nicaraguayenne fermée a relancé le débat en Équateur sur la validité des programmes universitaires internationaux, le contrôle de l’État sur l’enseignement supérieur et la situation de milliers de diplômés qui sont désormais confrontés à l’incertitude juridique et professionnelle.

Le ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports de l'Équateur a décidé d'annuler 2 708 titres délivrés par l'Université internationale pour l'intégration de l'Amérique latine (Unival), une institution basée à Managua qui a été fermée au Nicaragua en 2022 en raison d'irrégularités dans son fonctionnement.

La mesure s'appuie sur un jugement du 10 février 2026 du Tribunal provincial de justice de Guayas, qui a donné raison à l'ancien Secrétariat national à l'enseignement supérieur, à la science et à la technologie (Senescyt) – aujourd'hui vice-ministère de l'enseignement supérieur – et au Bureau du Procureur général de l'État, comme annoncé. Écuavisa.

Les candidats pourront obtenir des bourses allant jusqu'à 100 % pour leur diplôme de quatrième niveau. (Sénescyt)

La décision concerne principalement les étudiants équatoriens qui ont étudié des programmes de premier cycle et des cycles supérieurs en mode virtuel. Pendant des années, ces titres ont fait l’objet de polémiques. Selon la résolution judiciaire, jusqu'en 2021, il n'y avait aucun obstacle formel à sa reconnaissance, mais à partir de cette année-là, l'État équatorien a introduit de nouvelles exigences qui restreignent la validation des diplômes étrangers, en particulier ceux délivrés dans le cadre de programmes d'éducation en ligne sans autorisation expresse dans le pays.

Cette décision marque un tournant dans un litige qui avait été soumis à différentes instances judiciaires. En première instance, Senescyt avait été condamnée à enregistrer les diplômes, mais les entités publiques ont fait appel de la décision, arguant que l'université ne satisfaisait pas aux normes de qualité ni aux exigences d'autorisation pour opérer en Équateur. La Cour provinciale a accepté ces arguments et validé la position de l'État.

Le Conseil de l'enseignement supérieur (CES) avait déjà prévenu en mars 2025 qu'Unival n'était pas autorisé à proposer des diplômes ou programmes académiques en Équateur, ce qui renforçait les doutes sur la légalité des diplômes décernés aux étudiants locaux. Cet avertissement intervient dans un contexte où les offres d’éducation virtuelle internationale se multiplient, souvent sans encadrement clair ni mécanismes d’accréditation croisée entre pays.

Le cas devient plus complexe lorsqu’on considère l’origine de l’institution. Unival a été fondée en 1997 et est accréditée depuis 2014 pour offrir des programmes en ligne. Cependant, en décembre 2022, le régime nicaraguayen a ordonné sa fermeture après avoir détecté des irrégularités dans son fonctionnement. Les observations comprenaient le manque d'autorisation pour son offre académique internationale, des incohérences dans les dossiers des étudiants et des diplômés et des lacunes dans la documentation du personnel enseignant.

Image de référence. Les autorités équatoriennes recommandent de vérifier les diplômes des établissements d'études supérieures.

La décision soulève également des questions sur la protection des droits des étudiants. Des milliers de diplômés qui ont investi du temps et des ressources dans ces programmes se retrouvent désormais confrontés à l’invalidité de leur diplôme, ce qui pourrait affecter leur placement, leur développement professionnel et, dans certains cas, leur stabilité économique.

Le cas des diplômes annulés pourrait également créer un précédent pour les décisions futures concernant la reconnaissance académique. Dans un contexte où l’éducation virtuelle continue de se développer, les États sont confrontés au défi de trouver un équilibre entre l’ouverture au savoir mondial et la garantie de normes de qualité et de légalité.

Les autorités équatoriennes ont exhorté ceux qui souhaitent obtenir des diplômes de troisième et quatrième niveaux à s'assurer que l'établissement d'enseignement dispose d'accréditations en Équateur ou dans leur lieu d'origine pour éviter qu'après des années d'études et de dépenses, les diplômes délivrés ne soient pas reconnus.

En Équateur, les diplômes de tout niveau doivent être enregistrés dans l'établissement d'enseignement supérieur pour certifier leur validité, condition essentielle pour postuler à un emploi dans la fonction publique ou dans le secteur privé.