Le gouvernement du Costa Rica a clôturé les négociations du Fonds spécial pour l'enseignement supérieur (FEES) le 21 avril 2026, après un profond désaccord avec les recteurs des universités publiques, qui ont proposé une augmentation que l'exécutif a qualifiée d'« irrationnelle et abusive ».
Le conflit tourne autour de la proposition présentée par les universités, qui proposaient une augmentation de 2,94% sur la base budgétaire. Cela représente plus de 17 000 millions de ₡ (37,4 millions de dollars) supplémentaires, qui s’ajoutent aux près de 11 000 millions de ₡ (24,2 millions de dollars) déjà incorporés précédemment, portant l’ajustement total à près de 30 000 millions de ₡ (66 millions de dollars).
Du côté du gouvernement, la position était claire : maintenir le budget sans croissance, c'est-à-dire avec un ajustement de 0%, arguant que cette décision répond au comportement de l'inflation et aux limites budgétaires du pays.
Compte tenu de l'absence de consensus au sein de la Commission de Liaison – l'organisme chargé de négocier les FRAIS – le processus est désormais porté devant l'Assemblée Législative, où le montant final sera défini dans le cadre de la discussion du Budget Ordinaire de la République.
Cette procédure est soutenue par l'article 85 de la Constitution politique, qui réglemente le financement de l'enseignement supérieur public et établit qu'en l'absence d'accord entre les partis, c'est au Congrès de prendre la décision finale.

La FEES est le principal mécanisme de financement des universités publiques du Costa Rica, notamment l'Université du Costa Rica (UCR), l'Institut technologique du Costa Rica (TEC), l'Université nationale (UNA), l'Université d'État à distance (UNED) et l'Université technique nationale (UTN).
En outre, ce fonds fait partie du mandat constitutionnel plus large contenu dans l'article 78, qui établit que l'État doit allouer au moins 8 % du produit intérieur brut (PIB) à l'éducation à tous les niveaux. Cependant, ces dernières années, cet objectif n’a pas été atteint et les investissements ont affiché une tendance à la baisse.
Des données récentes montrent que le financement de l’éducation a diminué en termes relatifs, passant d’environ 5,7 % du PIB en 2023 à environ 5 % en 2025, ce qui a suscité des inquiétudes dans le secteur universitaire.
Dans le cas spécifique des FEES, la croissance a également été limitée. Pour 2025, le fonds s'élevait à environ 587 milliards de ₡ (1,29 milliard de dollars), tandis que pour 2026, il était proche de 593 milliards de ₡ (1,30 milliard de dollars), ce qui représente des augmentations modestes qui, selon les universités, ne compensent pas l'impact de l'inflation ou l'augmentation des coûts de fonctionnement.
Les recteurs ont défendu leur proposition en soulignant que l'ajustement est nécessaire pour soutenir la qualité de l'enseignement supérieur public, financer la recherche scientifique, maintenir les programmes de bourses et faire face à la croissance des inscriptions d'étudiants.

De même, ils ont averti qu'en termes réels, la FEES a perdu du pouvoir d'achat ces dernières années, ce qui pourrait affecter la capacité des universités à répondre aux besoins du pays.
Pour sa part, l'Exécutif a insisté sur le fait que le contexte budgétaire exige la maîtrise des dépenses publiques, conformément aux restrictions imposées par la règle budgétaire et à la nécessité de maintenir la stabilité des finances publiques.
La Commission de liaison, où se sont déroulées les négociations, est composée de représentants du gouvernement, dont les ministres de l'Éducation, des Finances, de la Planification et de la Science et Technologie, ainsi que des recteurs des universités publiques et d'une représentation étudiante.
Cette conclusion sans accord reflète les tensions persistantes entre le gouvernement et le secteur universitaire sur le rôle du financement public dans l'enseignement supérieur, à un moment où le pays est confronté à des défis économiques et à des demandes croissantes en matière d'accès à l'éducation.
Le débat se déplace désormais au Congrès, où les députés doivent définir le montant final des frais de scolarité, une décision qui aura un impact direct sur des milliers d'étudiants et sur le développement académique, scientifique et social du Costa Rica.